vendredi 22 mai 2026

GR34 - Jour 1 - Mont-St-Michel>Mont-Dol

Plus intéressant pour la mémoire du marcheur que pour celle du lecteur ou de la lectrice, je nous dérésume la douzaine de journées sur le sentier ici et là puisqu’on aime les détails et que sinon, ça se perd, et puis ça sert à quoi après, on se le demande. Même avant en fait. Et pendant. Qui êtes-vous?

Avertissement: pour ne pas abuser de la lieue bretonne, les distances ont toutes été converties en kilomètres.


Sommaire exécuté
23 km de marche en soute de pluie, 8 km de pouce sollicité, également en soute de pluie. Finale en tente au camping du Mont-Dol.

En long et en grand largue
Ça part de la Brioche Dorée, comme on le sait depuis le 5 mai 2026, après un café de trop et une tente trempe qui dégouline. Il pleut des cordes de 4 pieds en s’il-vous-plait, à siaux et à souhaits, mais ça se calme et le reste de la journée se fait sous petite pluie plus ou moins forte, fine et frette.
Il y a deux options de GR, une variante qui longe le très long bord de la baie et une officielle qui longe au début mais qui remonte dans les terres jusqu’à Roz-sur-Couesnon, puis Saint-Marsan et le reste des 2000 km. Sur ces milliers, il y aura d’autres variantes, on le sent.
L’option choisie est la troisième, moins mouillante, qui coupe par un chemin à travers champs au début puis zigonne par les petites routes en remontant à Roz-sur-machin.
Bel arrêt à l’unique café-dépanneur de la place pour sécher devant le poêle. C’est vide à part la serveuse ben fine puis arrive le couple australo-hollandais parti d’Amsterdam en ibécik qui prend une pause au motel pour cause de pluie. Des randonneurs entrent entre deux cigarettes. 
Les compagnies de tabac ne feront pas faillite en France, ni les shops de mini-pets.
Après la pause, ça remarche en suivant le tracé, qui est conçu expressément pour étirer la sauce du randonneur et pousser à la limite de la compréhension le brettage de grand chemin… ce qui permet de s’enfoncer dans la forêt mouillée au lieu de couper par une belle route asphaltée.
Passé St-Brolabre, avec le temps qui file et les pieds qui flottent, le pouce se lève pour se faire ramasser relativement vite par Bernard et Gilbert. Le premier, 85 printemps sonnants, ancien pêcheur, à peu près au volant et Gilbert, 80, à peu près aux compliments: « (…) je m’excuse de te le dire, mais tu es franchement sympathique » (pour un pouceux d’outre-mer, sous-entend-t’on entre les deux lignes blanches où se trouve à peu près le véhicule).
Lift jusqu’à Dol-en-Bretagne. Après 
2 quasi-collisions avec de bretons piétons, arrivés chez Bernard, les octos m’offrent un bout de gazon pour la tente, j’esquive, pas rassuré par le « franchement sympathique », appelle au camping pour m’annoncer, file à la bretonne et à l’épicerie par le parc puis tombe sur une super crêperie qui fait des galettes, et l’inverse, on y reviendra, nommée la Flambée et m’installe à côté du 2e poêle à bois de la journée pour sécher en mangeant et manger en séchant.
En sortant, le ciel s’est clairé, encore 3-4 km de bitume jusqu’au camping la Roche à Mont-Dol. Tranquille, tout petit, une van, une auto avec tente, des tourterelles pour l’ambiance sonore, douche chaude pleine pression, toujours pas de papier de toilette, ni siège d’ailleurs, mais y a un bol, c’est l’important. 
Jitvb.



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