jeudi 9 août 2012

Encore des photos... !

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Landmannalaugar - Skögar - jour 3

Þorsmörk-Skögar
C'est quand on pense qu'on en a quand même vu pas mal qu'on perd sa garde et qu'on s'ébaubit le plus. C'est par un beau jeudi matin ensoleillé donc, dans les 15° secs, à peine sorti du lit de la rivière Krossá, côté sud, encore sur le plat, mais en préparation mentale pour la dernière et plus intense des journées, 25km, 850m de montée et 1000m de descente, que cherchant mon chemin je tombe sur... un beagle qui passait par là. Pas un p'tit modèle de course tout nerveux, pas le modèle rond avec un trou dedans, plutôt un gros lourdeau mollo . Et pas un beagle islandais sauvage non plus, non madame, beagle en laisse avec au bout de la laisse, la famille élargie, l'air local. Je me dis qu'ils sont en ballade autour du camping cherchant le prochain stand à hot-dogs... non monsieur, après m'être informé directement à la source chaude, on parle ici d'une famille de relativement locaux crinqués pour une p'tite (!) ballade en montagne. Ah oui... détail non négligeable... madame, monsieur... l'ado blond, couette mauve, en unicycle! De montagne, mais quand même bien rien qu'une roue.
J'imagine la discussion...
"Órnald mon fils, tu n'as rien de prévu jeudi et il va faire un temps resplendissant, alors nous allons en profiter pour faire Þorsmörk- Skógar en famille.
- Ah non, pas encore. On l'a fait 'y a deux semaines.
- Oui, mais cette fois-ci il y a matante Giseldóttir et mononc' Janclödsson qui vont venir. Ils pensent même amener Bailounsson.
- Ben voyons Bailounsson!? On va passer la journée à le chercher. En tout cas, si je viens j'apporte ma PS3.
- Pas question.
- mon unicycle?
- ok mais tu mets ton casque.
- Rapport! Cass ou pas cass, si je tombe 500m plus bas, ça change quoi?
- Tu mets ton casque... et les jambières. Sinon fini la couette mauve et le percing au pancréas..."
Enfin, vous voyez le genre... et voilà qui part bien la dernière journée de rando, motivé de voir comment l'ado et le chien vont se débrouiller. Eh bien si ça avait pas été de Giseldóttir qui traînait de la patte, j'aurais jamais su parce que j'aurais jamais été capable de les suivre. L'ado et le beagle en avant tout le temps de la montée. L'unicycle servant seulement dans les bouts relativement plats et les descentes pas trop pentues (photo et vidéo à l'appui), à faire des aller-retours entre la famille et le chien.
Je pensais les avoir perdus pour de bon quand on est arrivés presqu'au sommet et que le temps s'est mis à pas mal moins resplendir sur l'autre versant. Brume, brouillard, bruine dans les babines (tellement qu'on voyait pas tout le temps le piquet suivant, et, je l'ai dit, c'est pas parce qu'il manque de piquets sur le sentier). Je les ai perdus aussi à cause du détour, ou plutôt du raccourci, dont personne m'avait parlé, surtout pas ma carte inutile payée à gros prix. Raccourci qui sauve un peu d'altitude et 2km, mais qui évite le sympathique refuge du sommet. Alors comme j'ai fait le détour par le refuge, j'en ai profité pour prendre le chai et la cliff bar en jasant avec Andrea, la sympathique Warden moins sexy que l'autre, mais beaucoup plus jasante.

Je les ai retrouvés beaucoup plus tard dans la descente, au moment où la matante a fait l'erreur de relâcher lousse Bailounsson... et ce qui devait arriver arriva, le beagle dans la brume de décoller à fond de train te ramasser 3 moutons défrisés que le hasard avait mal placés pas loin, mais qu'on n'aurait jamais vus si le chien avait pas décidé de leur donner la go de leur vie. Ça y est, on allait perdre le beagle à tout jamais, me suis-je songé. Quand il est réapparu 2 heures plus tard, tout content au bout de sa queue branlante et du chemin, beaucoup d'altitude avait été perdue, comme beaucoup de coups de sifflet dans le vide par Giseldóttir sacrant à Thor, à Týr, à Odin et à Loki (dieu fripon !?... et "père de plusieurs monstres; le serpent Jörmungand, le loup Fenrir, et la déesse du monde des morts Hel." C'est Wiki qui le dit... fascinante la mythologie nordique!).
Et je vous dis pas la face des 3 moutons ahuris, mais oh combien soulagés, qui reprenaient leur souffle plus bas dans la trail... le sprint d'une vie.
Je vous déblatère tout ça en fait parce que le si magnifique paysage côté mer, le col Fimmvörðuháls, entre les glaciers Eyjafjallajökull (lieu du fameux volcan pas prononçable qui nous a empoussiéré l'atmosphère en 2010, 6000 vols annulés, +1 milliard $ en perte pour les compagnies aériennes... et blaðlaþlá) et Mýrdalsjökull, la fantastique vue le long du chemin sur la rivière Skógá, "parsemée d'innombrables chutes d'eaux toutes impressionnantes et magnifiques" encaissées fabuleusement dans des canyons vertigineux, eh ben de tout ça, je n'ai malheureusement rien vu. Entendu les chutes, oui, entre 2 coups de sifflet, mais rien vu. Que du gris mouilleux. Avoir été météomedium, j'aurais fait la rando en 4 jours (plus sage) et campé en haut au refuge en attendant le beau ciel bleu du lendemain. M'enfin, vu malgré tout le dernier bond de la rivière avant la mer... la spectaculaire Skógáfoss, Skógá signifiant « forêt » (!?), et foss signifiant « la chute d'eau », 62 m de haut par 25m de large et assez profonde pour y oublier son coffre (patience, l'explication s'en vient...). La chute serait une des plus célèbres et des plus visitées du pays. J'ai vu ça au camping en bas! Tout en promiscuité, on est loin des baies isolées et sauvages des fjords de l'ouest. Si les voisins avaient pu monter leur tente dans mon vestibule, c'est sûr qu'ils l'auraient fait, ils étaient bien partis pour ça en tout cas.

Encore wiki, pour notre plus grand bonheur... "On raconte qu'un coffre se trouverait derrière la cascade (!), déposé ici par le Viking Þrasi Þórólfsson (vous vous arrangez avec les thÞ). Un enfant trouva le coffre quelques années plus tard, mais ne put en prendre qu'une poignée qui est aujourd'hui entreposée au musée de Skógar." J'ai vu ni le coffre, ni le viking, ni l'enfant, ni la poignée mais je vous avais bien dit qu'ils font des musées de n'importe quoi... manquerait juste un unicycle et un squelette de beagle perdu.
Chouette chute tout de même.

Pour ceux qui se poseraient la question... oui j'ai enfin pris une douche au camping. Elle était bouillante, pas d'eau froide, et m'a coûtée $2,50. Le camping était $9. Comme d'habitude.

Après la nuit de promiscuité, décidé de laisser le bus filer à 8h et de revenir sur le pouce. Ça s'est idéalement bien passé: pouce 1: kid norvégo-brésilien aux études en Islande et s'en allant prendre le bateau pour les îles Westman, lieu du plus gros party de l'année en Islande, avec des bands et de la boésson pendant 3 jours. Pouce 2: 2 pêcheurs des îles Westman s'en allant en ville pendant que le plus gros party de l'année en Islande se déroule sur leur île, avec des bands et de la boésson pendant 3 jours. Ils m'ont payé du café gratuit au truckstop et laissé direct au camping de Reykjavik. On a parlé d'immigration, de criminalité, ou l'inverse, c'est pareil pour les Islandais de toute façon, et de pleins d'autres sujets fascinants comme le bel été en cours et le mauvais temps ailleurs en Europe. Merveilleux, le pouce en voyage!

samedi 4 août 2012

Landmannalaugar-Skógar... jour 2

Alftavatn - Þórsmörk (30km) [NDLR: l'espèce de lettre indécise mi- "b" mi- "p", ça se prononce comme le "th" anglais dans "thing" alors que le "d" barré (ð ou Ð), se prononce comme le "th" dans "this"... je vous laisse y penser en mettant votre langue à la bonne place... D'ailleurs, parait qu'il y a un Islandais qui a écrit un livre au complet sur la lettre ð! Mal à la langue juste d'y penser.
Et puis vous aurez compris que Þórsmörk et Thorsmork, pour nous c'est pareil et que ça doit vouloir dire la mork à Thor, j'imagine]

La rando donc... Départ presqu'après tout le monde à 10h11. Gros soleil, bien fait de pas continuer la veille par un hostile de temps frais. Dépassé les plus gras groupes dans les premières heures de marche. Sentier encore balisé comme c'est pas croyable. Le festival du piquet en bois (qui vient d'où d'ailleurs le bois? D'ailleurs?). J'en prendrais bien un sur deux pour aller baliser l'Hornstrandir tiens [NDLR: oubliez ça, avec le lendemain pm que j'ai passé dans la brume à chercher des piquets, faut pas en enlever un seul!]. Jusqu'au refuge suivant, à Emstur, presque tout plat... grand et long désert de sable noir, entouré du relief volcanique magnifique du coin, sans les couleurs du Landmannalaugar, mais ça donne un autre genre de charme. Comme être dans la lune, mais avec des glaciers en arrière-plan. À Emstur... 14h10, 4h pile. Une vraie montre Suisse. Refuge et camping plus attrayants. La Warden aussi. Comment elle s'appelait la blonde à ThPÞór déjà? Ben c'est ça. Sans l'armure. Camisole blanche et shorts sexy avec des collants noirs pis des bottes de marche. De quoi rester dans la lune. Je soupçonne certains de coller au refuge un peu plus longtemps que prévu. Moi, je me suis contenté de lui emprunter une fourchette. Perdu la mienne. Ça fait pas une longue conversation emprunter une fourchette et la rendre. D'autres ont feint la douche sans eau chaude. Meilleure tactique. Tout de même pris un break de 2h à dorer au soleil après avoir délyophilisé un autre sac de trucs en poudre, redépart à 16h15. Encore une fois paysage époustouflant. Même passé la dernière demi-heure dans une forêt islandaise! Eh oui. Une vraie. Comme un oasis de verdure dans la Mer de la Tranquillité. Pas le choix de conter la blague islandaise typique... "Qu'est-ce que tu fais si tu te perds dans une forêt en Islande? Tu te lèves debout." Des sacrés blagueurs ces Islandais.
Thpórsmörk à 20h45, pas fâché. L'achille du talon en feu, mais on n'est pas sur Facebook, je vous conterai pas tous mes p'tits bobos, déjà que j'écris ce que je mange. Joli camping sur le gazon, sur le bord du lit de la rivière Krossá (!), beau gros refuge (Skagfjörðsskáli... se prononce comme ça s'écrit, c.-à-d. bien mal), jamais vu de Warden, alors pas payé. Un rabat-joie dirait que c'est dommage qu'il y ait encore des gros 4x4 parqués là, et il n'aurait pas þor.
Je reviens un autre tantôt avec la 3e journée... Þórsmörk-Skógar, que j'aurais dû faire en 2 jours, mais on a ce qu'on mérite, c'est déjà bien.

Des photos! Des photos!

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vendredi 3 août 2012

Landmannalaugar - Skogar, jour 1

[Landmannalaugar-Skogar... Coché en 3 jours finalement, mais j'aurais dû en prendre 4. C'est vendredi, y a à peu près tout mon pacsack qui s'étourdit au chaud dans la sécheuse de l'auberge de jeunesse de Reykjavik, celle à côté du camping où je loge. Facile le camping, toujours de la place, pas besoin de réserver et pas cher ($10), et accès aux services de l'auberge, dont les tinternets, comme vous voyez.
Retour sur mardi donc... avec quelques notes prises le soir, après la journée au bureau à piétiner les kilomètres. Pas tout intéressant, mais comme toujours, vous êtes pas obligés de lire.]

Landmannalaugar - Alftavatn (24km)
Bus arrivé vers 12h30 dans un stationnement grand et rempli comme le 10-30 (j'exagère légèrement)! Impressionnant comment que ca grouille de monde. Contraste total avec le nord-ouest. Il y a aussi plus de bâtiments qu'en '96. Ça donne pas le goût de rester longtemps, et c'est bien dommage parce que le paysage est à tomber su'l cul.
Temps de me repaqueter et départ à 13h15. Autoroute du showbizness... mais décor hallucinant. Petit détour pour s'éloigner des foules et monter un p'tit sommet, mais vite retrouvé le sentier balisé comme c'est pas permis. Arrivé au 1er refuge, le plus haut perché (+1000 m alt.), à 16h45. Le plus rocailleux aussi. Les sites de camping sont sur la roche, entourés de murets de pierres. Fait pas chaud et il vente. Warden sympathique qui arrive en mai et repart fin août. Pas eu beaucoup de neige cette année, il a juste eu à pelleter un pied en arrivant en mai. Comparé à 10 pieds l'an dernier. Le refuge peut accueillir une cinquantaine de personnes "legally", et jusqu'à 100 s'il fait pas beau. Les campeurs ou les passeurs peuvent y faire le plein d'eau et le vide de vous savez quoi. Le temps du maquereau fumé sur rivita du dépanneur à Reykjavik (les jeunes hollandais croyaient pas à ça quand je leur ai donné ce que j'avais de trop... le poisson favori de la belle en plus, de quand elle était p'tite à la plage en vacances au Portugal avec ses parents... c'est beau la jeunesse), avec un bout de brie, puis de chocolat, agréable changement des #¥??#%!x&@ de clifs et de la bouffe en sac, puis redépart vers 17h30. Fini la run en traversant une rivière sans enlever mes bottes grâce à RamboChris-l'Allemand-qui-sait-tout et sa toute nouvelle conquête, une Allemande ramassée à Landmannalaugar. Marché avec eux la dernière demi-heure. Arrivée à Alftavatn décevante vers 21h30... d'abord il y a pleins de gros trucks, puis une couple de gros groupes, dont des français dans un teepee qui sont rendus à se chanter le iglou igloo au frontibus pis à tout' les tibus, puis un paquet de tentes, sur le bord d'un lac certes, mais environnement plutôt dans le genre hostile-désertique-j'aurais-dû-rester-chez-nous . J'ai pensé sérieusement juste manger chaud et repartir, mais la fatigue et surtout les gros nuages gris ont pris le dessus. On devient sage et presque intelligent avec le temps et les chevilles usées. Mangé un sac le plus vite possible, vitesse facilitée par Rambo et sa douce qui ont décidé de me tenir compagnie, puis monté la tente et dodo.

[Bon, temps d'aller voir dans la sécheuse si je peux enfin me rhabiller... tout nu à pitonner dans la cafétéria de l'auberge, c'est un peu frais:) ]