vendredi 25 avril 2014

Yakushima - 1ère partie

L'américain jasait géographie japonaise avec le réceptionniste. J'attendais pour payer, cerveau engourdi, un lendemain matin de dortoir pas trop ronflant, mais un peu quand même. 
"Where's that?", que je lui demande en chinois.
"South. Yakushima Island. Amazing place. You HAVE TO go there. You've seen Princess Mononoke, right?", et il attend une affirmation du genre "Bien sûr mon ami, gé-ni-al ce grand classique qui confirma définitivement en '97 la stature de Hayao Miyazaki comme un maître de l'animation mondiale et attira sur lui l'attention des critiques dans le reste du monde... Dommage qu'il vienne de prendre sa retraite. T'as vu son dernier, Le vent se lève?" mais reçoit plutôt un "euh, humm, yeah, sure" pas très assumé, pendant que je me dis "Mononoki donc?" et me résonne faiblement par l'hippo... (oups... hippo... hippoquoi déjà?) la cloche de la mémoire à long terme, lointaine, souvenir vague de dessin animé pas vu, sans trop savoir si je me mêle pas avec Pocahontas et les sept daims ou Shylvidre, la p'tite sirène bleue qui jouait de l'ocarina.
"Well, the forest where she lives, you know, The Amazing Forest...!! Well, it exists Man... you know... it's fucking real!!! 6000-foot peaks and 3000-year-old cedars Man, imagine! Even fucking Frodo or the intergalactic Ewoks wouldn't believe it. And I'm going right there, right now. Bye!"
Pendant trois secondes je me suis demandé si je les avais pas déjà vus en show, Fucking Frodo and the Intergalactic Ewoks, puis le réceptionniste m'a dit en japoglais qu'il ne prenait pas les cartes de crédit, j'ai réalisé que j'étais au Japon et j'ai payé en vingt yens.
J'ai jamais revu l'Américain. 

Dans le train un peu plus tard je me disais à moi-même, en parfait franglais, qu'un rabat-joie cinglant un peu plus cultivé et de répartition preste lui aurait sans hésiter rétorqué: "Well, you know Noé, the movie? With Russell Crowe and Emma Watson Man. You know, right? Le gars avec une barbe, des chèvres pis des girafes Man? On the top of the mountain Dude. 6000-foot peak. Et son gros bateau en cèdre Buddy. You know, right? And le déluge mon Champion? 3000 years ago. Well... it's real Capitaine! Yakushima. He logged the whole forest for the damn' boat. Now, only a few trees left, 7-8 monkeys, 3 deers, still raining, and I'm not fucking going there pour m'y noyer. No way!" 
(Ça manquait sérieusement de jeux de mots bilingues dans ce blog... gâtons-nous)

Quatre jours plus tard... 
Il pleut. Dru. Faut faire vite. Trouver à loger, planifier une rando, prier en shintô pour que personne ne ferme l'improbable fenêtre d'opportunité de deux jours ensoleillés prévue à la météoimmediat. Il pleut 35 jours par mois à ce qu'on raconte dans les chaudières. Dix mètres d'eau à grands coups de siaux. Y a des pancartes de traverse de poissons sur le bord de la route et certains habitants dissimulent d'élégantes branchies sous leur masque. 
Vancouver c'est le désert d'Atacama.
Quatre heures de bateau de Kagoshima. Au loin, vrombissantes sur une crête tel un hydrofoil de croisière, "C'EST DES ZÉOLIENNES". Le débarquement se fait à midi trente. Il pleut, évidemment. L'auberge de jeunesse de Miyanoura est pleine à ras bord, mais il y a de la place à l'autre, à ¥3650 dans le tatami et à 1,5h de bus, départ à 15h23. Ça laisse du temps. Pour se détremper à pieds. Retour au port pour de l'info sur les randos et la passe de bus de 3 jours (¥3000), au magasin de plein-air pour louer un sac de couchage (¥1000) et le casier pour faire de la place dans le sac à dos (¥300), course au ATM à l'autre bout du village, retour en sprint à l'épicerie à côté du magasin. Six oeufs, 4 bananes, 300g de peanuts, 450g de granolas, 2 boîtes de sardines, 3 palettes de chocolat (¥1700). En masse pour 2 jours. À la ligne d'arrivée à 15h16. Arrêt de bus, top chrono. La foule est en liesse. Jack Bauer peut aller se rhabiller, de préférence avec son ciré jaune et ses plats ou ses bottes à l'eau. Parce qu'i' mouille, je vous l'ai pas déjà déjà dit?

Hostile la jungle - Flashback post-traumatique des zazies du sud-est

On l'a senti au Cambodge, avec le bonhomme pendu. 

On l'a vu aux vues. 
Les classiques.
Les Killing Fields, tourné en Thaïlande,
Deer Hunter,  Katchanburi près de la Birmanie et sur la rivière Kwai (comme le pont), pour la jungle et la roulette russe.
Platoon, Philippines
Apocalypse Now, Philippines aussi
Full Metal Jacket, Angleterre (!)
Good Morning Vietnam, Bangkok

On l'a lu. Avec Horn, Bétancourt, et plein d'autres. Autres jungles, autres combats. Mêmes hostilités. 

On l'a revu. À la visite des tunnels de Cu Chin. Le seul tour organisé que je n'ai pas pu éviter. Et pour 4$ j'en ai eu pour $40. Chanceux. Très.
Guide intense comme un Beatcello. Hyper intéressant. Jacky. Seul guide qui a "fait le Vietnam" parmi 35000 guides vietnamiens. Comme interprète pour les américains. Il s'en souvient et il en parle abondamment. Avec humour noir et caustique comme une gorgée de tang à l'agent orange. De Charlie, des NVA, des VC, des POW, des MIA et des KIA. Et qu'il conduira jamais une kia. Des bombes et des trous de bombes. Plus de bombes larguées que pendant la 2e guerre mondiale. Du moine qui s'est auto-combustionné, aidé par son chum par un beau matin, coin St-Denis et Crémazie, genre. De la petite fille brûlée au napalm dont la photo a contribué à mettre fin à la guerre après avoir fait le tour du monde (http://en.m.wikipedia.org/wiki/Phan_Thi_Kim_Phuc).  Des tunnels, surtout qu'il serait le seul guide qui peut faire entrer son groupe dans une courte section plus "authentique" des tunnels, section non éclairée et non élargie de 15% pour accommoder le rond touriste. Des différentes versions de booby traps (littéralement "pièges à cons"), avec démonstrateurs à l'appui, pointes en bambou au fond, noircies parce qu'injectées d'huile à moteur et de goudron contre les termites, pièges à cons doubles, le 1er trou blessant seulement la victime trappée pour qu'elle puisse appeler à l'aide et que le secouriste tombe dans l'autre piège à côté, pièges en tout genre et explications longues et détaillées à donner la nausée. 

Vu aussi au musée de la guerre à Saigon, juste après le tour de tunnels. Guerre d'Indochine, guerre du Viêt Nam. La section photos sur les reporters-photographes est fascinante. Les Capa, Burrows, Harpin-Pont, Bailly, Caron, Shimamoto, Sawada, Ballendorf, Mettler.

Hosti(l)e la jungle.
Survécu. Rando légère de trois heures dans la région aux grosses caves, les plus grosses de l'univers. Phong-Nha-Ke-Bang Bing Bedang (j'avais bien dit que j'en reparlerais.) http://phongnhakebang.vn/en La plus grosse, découverte récemment en plus(?!), pourrait contenir Manhattan, les gratte-ciels pis tout', c'est pas rien ça. 
Shorts et t-shirt, en vrai tourissss. On sort à peine de la cave du Paradis, on décide de longer une rivière sur de la belle roche pour s'extirper enfin de la masse, puis on s'incursionne un peu dans le bois. Ça se voulait une formalité, une expédition du dimanche. À peu près comme les Américains qui débarquent au Viêt Nam, en Afghanistan ou en Iraq. Il y avait pourtant un sentier... au début. Ça s'est gâté en perdition dans la junglerie par l'embuscade d'une horde de plantes carnivores sauvages, enragées et déracinées mordant la chair, lacérant la peau. Ç'a fini quand le touriste, beau ton, savamment dépecé, jambes rasées, avant-bras bien écorchés, brûlant d'un intense désir de soulagement, et qui n'a pas l'moyen de faire autrement, se décide à se g(ca)lisser à l'eau pour un 400m style-libre en rivière avec un aller-retour en kayak pour retourner chercher son sac laissé sur l'autre rive. Il s'en est tiré avec un gros lot d'égratignures, une nuit blanche à psalmaudire en mordant dans un 2 par 4, souhaitant un miracle et l'épidurale dans chaque jambe, l'impression d'avoir "fait le Vietnam", et finalement, une visite à l'hôpital pour tester le système de santé local dès l'aube. Consultation à 7$, incluant les pilules. Deux sortes d'antibiotiques et de l'assiette à minou faible pour assommer un gnou. Six pilules le matin six le soir. Et une tite-crème à la pharmacie de Dông Hoi plus tard. Une semaine après, fini les pilules et tout était bon, même la bière asiatique. 
Moins la jungle. 
Leçon apprise.
Trois heures... imaginez dix-huit ans.

Interlune musical

Légère adaptation d'une vieille liste qui plait, à jouer en regardant où on met les pieds, pour zigzaguer entre les azalées, les fumerolles, val de riz, caldera, à travers les brumes, cratères lunaires et sphères stratovolcaniques. Après le karstique, le pyroclastique, cette fois sans plastique.
Plateau d'Ebino, parc de géopoésie  éruptive de Kirishima, pour s'alléger des humains et de leurs sites au passé trop pesant. À la mode le geoparking asiatique semble-t-il...

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Lilies of the Valley  (Pina)
Things Behind The Sun (Way to Blue)
Le tombeau de Nick Drake (Variations fantômes)
Momento de graça (Nocturno)
One Day After Another (Places)
One (Solitary Man)
I Wonder (Searching for Sugar Man)
Go Fly a Kite (Almost Adopted Songs)
Dans un motel à St-John (Camion)
Le vent nous portera (1983)
In Transit (Solace)
Les trois petits nains (Mystic Rumba)
L'orage (Le pornographe)
Intuition #1 (Astronomie)
Farmers in Japan (Harbours)
Je voudrais pas crever (Fragile)
You Only Live Twice (You Only Live Twice)

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jeudi 17 avril 2014

Renippons

C'est reparti. À 265 à l'heure. Dans le Shinkansen (TGV japonais) pour Hiroshima.
Arrivé comme prévu à Tokyo juste avant l'éclipse de lune partielle, le lendemain du show de guns à eau à Bangkok.
Retour à l'ordre et la civilisation. Après le chaos et la pollution.
Surtout en villes d'Asie du Sud-Est avec les "motorbike-motorbike?", "cheap cheap!" et autres "tuktuk-tuktuk?" à tue-tête. À comparer, Tokyo est silencieuse comme un chant de patates pilées en hiver. Sérieux.
Reçu comme un shōgun, mais pas à l'eau, par Christine et son copain, pas loin de Shinjuku, gare la plus achalandée de la galaxie, mais à des années-lumières du capharnaüm d'un soir de St-Valentin à Phnom Penh. 
Tokyo, deux nuits pour l'instant, pour mieux y revenir fin avril.
Au resto du coin, dégusté en sashimis du chinchard et un autre poisson pas cuit, du buli, qui se faisaient leur frais avec raison et qui se fondirent langoureusement à la langue sans happer nulle part, entre un plat de baleine à fanons, si c'est pas celle à Minke (pour moins d'information sur la baleine de Minke, ne contactez pas le service canadien de la faune à Ottawa mais allez plutôt voir dans ce même blog, l'insolation du 2 août 2011. Grâce au miracle de la globalisation récente des internets, je peux au moins vous dire que Minke, ce serait le nom d'artiste d'un chasseur de baleine daltonien norvégien qui s'appelait en fait Meincke et non Fanon et qui aurait pris une baleine de Minke pour une baleine bleue, ou l'inverse. Et que c'est dans le même genre de taxon que le petit rorqual. Enfin, c'est toute une histoire qui ne mérite pas vraiment qu'on en parle puisque c'est pas demain que vous allez en manger de la baleine, et moi non plus. Demain c'est vendredi. Surtout que le Japon, qui avait un permis spécial pour en chasser 850 par année pour des raisons scientifiques, ce qui permettait aux scientifiques d'aller en manger au resto du coin, vient de se faire dire en mars dernier par une cour internationale appelée par l'Australie que c'est pas mal de la baleineshit leurs raisons scientifiques. Ce à quoi le Japon répond que de toute façon le moratoire sur la chasse à la baleine aussi c'est de la baleineshit d'Australiantropomorphiste qui veut imposer ses normes culturelles au reste de la planète, l'équivalent des hindous qui voudraient faire un moratoire mondial sur la chasse à la vache. Intéressant débat. Surtout que c'est pas mauvais pourtant la baleine. Ça goûte toujours pas la baleine et encore moins le fanon.) et un plat de concombre à la mer (qui, pour être cohérent, goûte surtout pas le concombre, mais beaucoup la mer). Bu plus de saké en deux jours qu'en deux ans, ou douze. Du saké qui goûte le saké. Et du meilleur que jamais. Froid comme il se doit. Très bien dormi merci. Même qu'après avoir "fait le Vietnam" et surtout le thon frais dans la jungle à Phong Nha-Ke Bang (je vous raconterai une autre fois), il me reste assez d'amine aux sphaignes dans le sang pour avoir mal à rien jusqu'en 2017.

Japan Rail Pass pour 14 jours, direction sud. Au programme, de l'incontournable troublant au royaume de la bêtise humaine (vous allez dire que je fais exprès pour trouver le trouble dans ce voyage. J'irai ni à Auschwitz ni au Rwanda, promis) avec Hiroshima et Nagasaki, mais surtout de belles villes et de la belle campagne, bords de mer et montagnes. Propre propre propre.

Hiroshima. Terminus. 800km dans le temps de l'écrire. Tellement rapide que j'ai pas vu le mont Fuji passer. 
Vitesse maximum: 298 km/h. Ça change de la mobilette.

Hiroshima: mémoriaux pour la paix, le parc, le musée, les statues, le dôme de la bombe A, l'horloge qui sonne à 8h15 tous les matins. Le musée montre efficacement l'horreur de la patente. Entre autres la maquette de la région après l'explosion (http://www.guidejapon.fr/ville-hiroshima/musee-de-la-paix-de-hiroshima), avec les 4-5 bâtiments en béton armé qui tiennent encore, tout le reste rasé, sauf les maisons "cachées" derrière les collines environnantes. Au-dessus de la maquette, une grosse boule rouge représentant le flash de feu de 600m de diamètre au moment de l'explosion. Tout ça causé par une petite bombe de 3m de long, 71cm de diamètre, 4400 kg, dont 64kg d'uranium 235, équivalent à 13-16 kilotonnes de TNT. À l'échelle de la maquette, la bombe ferait 3 millimètres. Little Boy, 6 août 1945, 8h15.
Trois jours plus tard, Fat Man sur Nagasaki était plus puissante (23-26 kT TNT, plutonium 239), mais a fait moins de dégâts à cause du relief.

Hiroshima hier soir: soirée dans un fort sympathique mini café-bar, à manger, boire et écrire pendant la pratique d'un sextuor féminin shamisen-voix, chemises en soie. Dehors, le printemps est tout' là mais la plupart des cerisiers ont perdu leurs fleurs maintenant. La température vient aussi de perdre 4° du beau 20°C bleu de la journée.

Miyajima aujourd'hui: magnifique rando à la hauteur de 540m sur l'île touristique, superbe forêt, belle vue en haut, malgré le sentier tout suraménagé en beau béton de ciment pour touristes à roulettes.

Ce soir... mon 1er dortoir de backpackers en 58 ans. 
Bonne nuit.

mardi 15 avril 2014

Les Russes

Ils étaient trois
En voyage.
De la capitale, l'ami-gérant gratteux de guitare pour accompagner, jovial et social.
De l'extrême-orient, musicien, unilingue timide et souriant, et sa brune, chanteuse, jolie en voix et belle à conquérir le Kamchatka.
Soirée douce, début mars, jour de fêtes. Koh Tonsay (île au Lapin... sans lapin. À cause de la forme de l'île, paraît-il).
À quatre pieds sur le bord de l'eau. 
À 4 km sur le bord de Kep. Rien d'autre qu'une plage, des palmiers, des bungalows. Encore vivable et peu développée. 
Yukulele, guitares, voix, compos, Beatles, trad russe, et, demande très spéciale, Vyssotski.
Ô Raspoutine, ô Marylin,
Ton naturel, esprits informels,
Comblé comme la lune.

Ils étaient trois cent mille
En vacances. 
Crémés comme en Crimée.
Les affiches en sont bilingues.
Les plages et les rues en sont bedonnantes. 
Les hôtels et les speedos en sont débordants. 
Trois vols directs par semaine sur Moscou, de Saigon, d'Hanoi et d'ici, Nha Trang.
Yersin croirait pas à ça.

dimanche 13 avril 2014

Transit à Bangkok... Songkran

Débarqué à midi comme un martien dans la soupe aux choux... puis passé le reste de la journée trempé. Le plus étrange des transits... 

Ils en ont encore pour 3 jours ici.

Mer d'huile et de vidanges

Pour se faire ça karstique, à fond dans le piton, cocher le Vietnam en beauté, même en flottant dans le plastique.
Avoir su qu'on pouvait sortir l'agrément du touriste battu, j'en aurais pris plus, plus longtemps, du petit cabotage à la pagaie, baie des Lan Ha, élans d'apesanteur, mer de tranquillité, bien à l'écart du tapage incessant, fatigant à l'Halong. 
Pris beaucoup plus, malgré l'huile et les vidanges, le fret et le caltar.








samedi 12 avril 2014

Jusqu'à la fin...

Ils sont vraiment incroyables. Même le "voucher" pour entrer dans le salon business est négociable. La fille a commencé avec le 20$ officiel. Devant mon manque d'intérêt et comme y avait personne autour pour l'entendre, salon complètement vide, elle est descendue à 15$. Tant qu'à faire je l'ai négociée à 10$, ayant juste une demi-heure pour en profiter avant l'embarquement... mais y avait pas d'espresso finalement. Elle a essayé de me séduire avec la bouffe, le wifi, la bière, le vin rouge sur blanc... trop tôt pour se saouler en un rien de temps. Un dimanche matin en plus. J'ai laissé faire.

Vivement le Japon.

p.s. L'allongé et le muffin au resto à côté m'ont coûté 7,50$. Non négociable. J'ai essayé.

vendredi 11 avril 2014

De Viêt Nam et d'éolien

"You know, you're very beautiful. You're also very quiet. And I'm not used to girls being that quiet unless they're medicated. Normally I go out with girls who talk so much you could hook them up to a wind turbine and they could power a small New Hampshire town." — Adrian Cronauer (Robin Williams)

lundi 7 avril 2014

"Les vraies affaires" ?!

Pendant que les libéraux rentrent majoritaires avec un slogan de moron...

Parcours en mobilette près de Lachine, à rouler dans un décor tellement ahurissant que ça en est ridicule, parmi les plus beaux paysages que j'ai vus, tout ça dans un des derniers pays communiste à parti unique, ce matin il pleut et il y a pas d'eau chaude. Non, on peut pas tout avoir...
mais bon, ça empêche pas d'essayer.




Et si, pour vous changer le mal de place, l'envie vous prend de lire sur les dernières élections vietnamiennes, j'ai trouvé ça en googlant rapidement, tout en attendant de voir si la purée de pois chiches va se lever pour mieux repartir dans l'impressionnant décor. 




dimanche 6 avril 2014

samedi 5 avril 2014

Les đồngs

À l'entrée d'un sentier, 
la garde-parc me fit des frites, 
sans rien demander, fortuite.
Dans un train, une dame,
sans crier gare m'a donné 
trois bananes à déjeuner.
En chemin, des enfants 
m'ont souri en disant: 
"Hello Izitmi!" gratuitement.
Au dépanneur, un vieil homme 
de peu de dents en peu de temps 
m'a remis trois gommes 
à mâcher en me souvenant.
Sur le trottoir, une couturière 
pour un fil à retordre, une poche décousue
m'a chargé 10000 đốngs hier
au lieu des 15000 entendus.

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La monnaie du Viêt Nam se dénomme donc le đồng. Avec une barre sur le "d" et deux accents sur le "o". Le scandinavien, c'est rien. On y reviendra peut-être. 
Đong, à ne pas confondre avec dong l'hiver, dong la minorité ethnique chinoise, dong le fleuve, dong le lac, Dong Dong le gymnaste-trampoliniste, Paul Dong le saint, Dong le Meunier, dong le hot-dog et encore quelques bonnes douzaines d'homono-paronymes.

Comme avec les louisriels du Cambodge, c'est une monnaie sans monnaie. Pas de p'tit change dans le sofa ni dans les poches pour jouer avec. Pas de pile ou face. Juste du roche ciseau papier. C'est sonnant, le đồng, mais pas très trébuchant. C'est plutôt dans le papier qu'on s'enfarge. 
À cause de l'inflation galopante du début des années '80. Les pièces de monnaie ont disparu au grand galop.  Les pièces de musique, elles, sont restées. Trop. Encore subi "Hello Izitmi" hier au resto à Hanoing. Ce qui est quand même infiniment plus supportable que les shows vietnamiens trébuchant et sonnant "années '80" qu'ils nous font endurer dans les bus, avec le gros sax à l'air et les chanteurs-euses à paillets-ettes. Mais on s'enlise... (facile, mais trop tentant, et gratuit.).

Donc, pas de cenne, et toujours par milliers les đồngs. Par millions même. Parce que pas comme au Cambodge, on retire pas du iouesse au guichet. On se fait donner des đồngs. Et donner, c'est vite dit. J'ai retiré le maximum au guichet ce matin, 2 millions. Soit, en principe, 104 piasses. Mais avec les frais de sévices de $1,56 de la banque locale, ceux de la conversion de devise et ceux de ma banque, on sait plus trop ce qui reste. Ça coûte cher l'argent, đồng pas đồng, même quand c'est le vôtre. Deux millions en coupures de 100. Ça fait mal. Je traine une poche de hockey, une brouette, un châr pis une barge pleines de đôngs de 100 depuis 3 semaines. Moi qui voyageait léger au Cambodge, avec trois-quatre 20 iouesses dans mes poches pour la semaine.

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La devise du Viêt Nam est le đồng.
Đồng dû.
Đồng qui cogne.
Đồng qui choque.
Donne-moi en đồng le double.

À l'entrée d'un sentier, 
la garde-parc me fit des frites, 
sans rien demander, fort cuites.
Dans une gare, une dame,
sans faire de train m'a donné 
trois paparmanes à déguster.
En chemin, des enfants 
en riant m'ont chanté fort: 
"Izitmi iourloukinhfor!" gratuitement.
Au dépanneur, un vieil homme 
si peu dedans si peu pourtant
m'a remis trois pommes 
à croquer en marchant.
Sur le trottoir, une couturière 
pour son fils à détordre, pour un proche décousu
m'a chargé 10000 đống, fière
au lieu des 15000 entendus.

Et tous les autres m'ont fourré, sans merci sans remercier.
Et ça reste, même fourré,
đồng pas cher voyager.

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Voilà pour les rimettes chez les Viêts, avant 3 jours de mobilette,
envoyées de Ha Gian les binnes, 
à un crachat de Lachine,
et en allant,
... à Đồng Van.

vendredi 4 avril 2014

Concours

Celui ou celle qui devine à quelle saveur est la pâte à dents, je lui ramène le tube.
On prend le 3e appel, il y en a déjà deux qui le savent.

Indice: légende urbaine des années '80 concernant des œufs d'araignée.
J'aurais d'ailleurs dû faire le lien avant d'acheter, tout allait si bien jusque là.

RIP in Cambodia

J'étais pas sûr de raconter ça ici. Avec le recul, ça devient presque anecdotique. J'avais commencé quelque chose sans trop de détail, puis finalement décidé de tout mettre, pour les quelques éléments surréalistes de l'affaire, pour la mémoire, et, malgré tout, en préface, pour l'occasion unique de lever le voile sur un moment émouvant de ma tendre enfance... Mon psy sera content de lire ça et on se débarrasse des curieux dès les premiers paragraphes.

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Sûrement plus chanceux que la moyenne, le seul cadavre non embaumé que j'ai vu de près avec émotions s'appelait Biscuit. Juste après les olympiques. J'ai failli l'appeler Nadia mais c'était un petit gars poilu, pas roumain ni soviétique, plutôt doré (vous lirez sur le sujet), pas bon du tout en gymnastique, plutôt champion de spinning avant que ce soit à la mode, nocturne surtout, et il était pas beaucoup plus gros qu'un fudgee-o, avant les double-crème. Trouvé mort un beau matin, quatre pattes en l'air, sec comme un balai, ou comme une table de pool à Uis, Namibie. L'enquête a été menée assez rondement. Pas d'autopsie. Conclusion évidente de l'infirmière légiste en chef présente dans la salle, en voyant l'abreuvoir compte-gouttes vide: "Déficit d'eau menant à la mort par déshydratation". Malgré la longueur du mot, j'ai immédiatement plaidé coupable d'hamstéricide involontaire et je m'en suis tiré avec une sentence de 111 ans d'allergies diverses, avec libération conditionnelle partielle au tiers de la peine. Sans appel. Pour ceux qui me connaissent, qui savent compter et qui sont pas complètement nuls en olympiques, ça vous explique au moins une chose récente à mon sujet. Pour les autres, je sais pas ce que vous avez tapé ou cliqué pour être ici, mais vous perdez clairement votre temps sur la mauvaise page web.

J'ai appris au moins 4-5 trucs ce jour-là: 1- qu'un hamster en pleine croissance est composé à 72% d'eau et que le 28% restant est nettement insuffisant pour passer quelques jours sans; 2- que l'eau s'évapore et qu'un hamster fuit; 3- qu'un jour je saurai ce que signifie le mot procrastination, mais qu'en attendant, vaut mieux pas trop attendre à demain; 4- qu'un cadavre de hamster sec, ça sent pas grand chose.

Je vous raconte ça pour faire mon comique évidemment, et pour vous accrocher un sourire avant la suite tragique qui a rien, ou très très peu, à voir finalement.

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Le seul cadavre non embaumé que j'ai eu la chance de ne pas voir, c'était il y a presqu'un mois. 

Île de Koh Ta Kiev, Cambodge. 
En ordre, sur la plage, il y a les bungalows de Ten103, de Koh Ta Kiev et de Crusoe Island. Entre 10 et 20 minutes de marche entre les 3. Et à Ten103, une distillerie d'absynthe (photos sur flickr, voir le lien Florida+ à droite). Pas encore de route praticable, ni d'auto, de tuktuk ou de mobilettes. Mais ça va venir, et vite. Un début de route, d'autoroute de 30m de large en fait, est en construction depuis un bon bout déjà. Les Chinois arrivent. Des casinos, des terrains de golf et même un pont jusqu'à la terre ferme. On rase tout. Les bungalows devront bouger ailleurs. Mais pour l'instant, que la plage, la jungle, quelques sentiers et les cicatrices du déboisement annonçant le futur Vegas. Dur à croire que on voit l'allure paradisiaque actuelle. 
Je suis venu suite à une suggestion de Simon (nom fictif... il s'appelle Gérard en fait), le Québécois sympathique rencontré dans le bus à Ban Lung, celui qui n'habite pas en face de chez moi. Il est sur l'île depuis 2 ou 3 jours quand j'arrive au Ten103. Mon 1er ghetto de backpackers du voyage. Je me gâte avec le bungalow dans les arbres deluxe perché su'l bord de l'eau, 25$. Soirée à jaser, manger et boire sur la terrasse et au bar, avec du bon monde, principalement un couple de Hollandais, une Portugaise, un Israélien, une Anglaise et un Québécois, et le staff de voyageurs américains qui collent là pour travailler logés, nourris, gelés. C'est le salaire. Le lendemain après-midi, on se retrouve les gars de la même gang à jouer au frisbee pendant une heure ou deux dans le pas-creux, à 100 pieds au large. L'eau est chaude comme le soleil, qui est jaune comme le frisbee à Simon. Environ 15h, je me retire prendre une douche, lire et micronapper un brin. Plus en vacances que ça...
Simon et Jasper le Hollandais sont encore sur la plage, se mettent à ramasser du bois pour le feu de grève de la soirée, rentrent dans le bois, se disent que ça sent le crisse, ou le yâbe, et tombent sur le porté-disparu que les Français des Koh Ta Kiev Bungalows cherchent depuis 3 jours. Pendu. Trois jours dans la jungle tropicale. Je vous laisse imaginer la scène ou repenser à une douzaine de films d'horreur, sur l'air de "Holidays in Cambodia". Pendu avec vue sur la plage et l'eau, juste en face d'où tout le monde se baigne tout le temps sans se douter de rien. Moi le 1er, 3 fois plutôt qu'une.
Les gars sont pas restés longtemps, vous pensez bien. Ils sont allés avertir le staff de Ten103. 

Après, ça dégénère en gestion de cadavre assez absurde. Je m'en suis pas vraiment mêlé, alors je raconte un peu tout croche, mais ça ressemble à ça. Les militaires de la base pas loin ont été alertés. Puis la police locale. Le suicidé avait laissé ses affaires aux Koh Ta Kiev où il logeait, passeport et journal intime compris, et on ne l'avait plus revu après le gros party sur la plage. 
Simon a raconté sa découverte à la police, ou l'armée, et a eu accès au journal, ce qui est déjà étrange, mais qui nous renseigne au moins.
Suicide prémédité finalement.
Un marines qui s'est promené aux 4 coins du monde en sous-marin. De quoi faire un blockbuster.
Il notait avec une précision maladive tout ce qu'il faisait depuis des mois (ben non, pas dans un blog de voyage... dans son journal "intime").
Il a écrit une note d'excuse pour ses parents et pour le gérard qui le trouvera pendu. C'est ça de réglé, c'est pas un meurtre. Mais Hollywood pourrait arranger ça assez facilement, d'ailleurs dans la seule mention du drame que j'ai trouvée sur internet, un quidam commente en disant qu'il "paraît" que le pendu avait les mains attachées... les rumeurs partent comme ça. Les scénarios de films aussi.

Pendant les heures suivantes, la police et l'armée s'obstinent sur la plage avec le staff des bungalows à savoir qui doit prendre la responsabilité du cadavre, toujours accroché, occupé à se faire bouffer dans l'arbre, à portée de nez.
"Il restait dans les bungalows, alors ça devrait être le staff."
"Il avait "checké-out" alors ça devrait être la police."
"Il avait laissé ses affaires, alors il avait pas vraiment checké-out.
"Il était sur l'île alors ça devrait être l'armée." Et ainsi de suite. 
N'importe quoi.  

Pendant qu'on soupait, Simon est retourné sur la plage voir comment ça se passait. Il est revenu au bout de 20 minutes me demander le numéro de téléphone de l'ambassade américaine. Ni la police ni l'armée était capable de le trouver. Ça a pris le lonely planet.

Quand le soleil est tombé à l'eau, il restait un ruban de police bloquant l'accès à la jungle sur une quinzaine de mètres, un corps dans un arbre, un garde pas loin sur la plage.

Après le souper, on a décidé de faire le feu malgré tout. Question de se changer les idées. Sans trop rentrer dans la jungle pour le bois. Plus près du Ten103, mais sur la même plage. À 300m mettons. Belle soirée d'été tropical. Ça crépite. Fait noir. Puis 3-4 lumières accostent sur la plage côté cadavre. Et ça bourdonnent dans le secteur pendant quelques heures. 

Sur le bord du feu, on a tous pensé qu'ils venaient chercher le corps de nuit, pour pas créer trop d'émoi. Logique. L'ambassade aurait appelé la police de Phnom Penh qui aurait appelé la police locale de Sihanoukville, qui aurait violemment raccroché en tenant des propos ostentato-blasphématoires, pris des flottes pis des calottes, le kodak, le laptop, l'interprète, deux boîtes de gants en latex, des masques, un très grand sac en plastique avec un zipper, un couteau et embarqué dans un bateau à 10h du soir un samedi. De quoi blasphémer.

Je me souviens plus de l'heure, mais avant minuit. Simon est parti se coucher et des bonhommes de la gang aux frontales passent à côté du feu, nous disent "hello, Immigration Police", serrent la main à tout le monde, même au jeune américain qui jongle pour cacher son joint, et poursuivent leur chemin vers les bungalows. Sans doute parce que la police locale était déjà passée dans l'après-midi, c'est tombé sur le bureau de la police de l'immigration finalement. Elle a dû sacrer pareil, l'Immigration. Pourtant ça paraissait pas vraiment dans les salutations. En revenant des bungalows, ils semblaient pas trop préoccupés quand je leur ai lâché un "Good?". La réponse est venue assez sèche: "Not good!". 

 Quand on est allés se coucher vers 1h du mat'. c'était pas encore terminé. Il y a finalement une vingtaine de policiers qui ont passé la soirée et peut-être la nuit sur la plage. De loin, on savait pas trop ce qui se passait, surtout qu'on voyait seulement les 3-4 frontales pour toute une gang. Jusqu'à ce que quelqu'un vienne chercher Jasper pour qu'il refasse sa déposition. L'explication qu'on a donné sur l'impossibilité de Simon de témoigner a semblé satisfaire tout le monde: "Il est parti se coucher..." Alors Jasper part avec Bobby. On attend un bon moment. Puis Bobby revient au feu en disant que c'est long, que personne s'occupe de lui mais que Jasper n'a pas encore fait sa déposition et qu'il doit rester là-bas. Après un moment, avec la blonde de Jasper qui s'inquiète, on se ramasse tous autour des policiers qui se sont installés encore à la même place sur la plage, à 100 pieds du cadavre. En arrivant, le choc de l'odeur fesse, intense. Le pire, c'est qu'on s'habitue... sauf quand on repense deux secondes d'où ça vient.
Ils reprennent tous les témoignages de tout le monde. Il y a des policiers un peu à l'écart qui jouent avec le kodak, le laptop et les photos qu'ils viennent de prendre. D'autres avec les gants en latex qui bâillent. Et un accroupi qui écrit en khmer ce que lui raconte un traducteur qui traduit à mesure ce que lui raconte le témoin interrogé. Une fois écrite en khmer, la déposition est relue et, aussi simultanément que lentement, traduite à haute voix par le traducteur de la police pour que le témoin sache ce qui a été écrit. Puis signature de la déposition en khmer pas lisible par le témoin avec empreinte poucitale. Ça a duré des heures. Après le témoignage de Jasper, on est allés se coucher en laissant les policiers jouer à la police.

Pas bien dormi dans mon hamac-moustiquaire à 6$, près du sentier, sur le bord de la jungle. Mon bungalow perché n'était pas disponible pour 2 soirs. Quand je me suis réveillé à 6h30 le lendemain, un gars passait dans le sentier en direction de la plage. J'ai suivi, j'allais me baigner de toute façon... pas à l'endroit habituel évidemment. Il est allé remplacer les chandelles à côté du ruban de la police et faire une courte prière. 
Le corps avait pas bougé.
L'odeur de crisse, ou de yâbe, non plus.

Fin de la partie connue de l'histoire. J'ai quitté l'île avec Gérard (oups, Simon) sur le bateau de 9h, comme prévu. Si ça se trouve, le corps est peut-être resté là. En paix? Pas sûr.

Voilà bien des détails pour la seule tragédie du voyage. Quand même absurde que la seule mort dont j'ai eu connaissance est celle d'un marines sous-marinier désespéré, alors que j'aurais pu, ou dû, voir des milliers de personnes se faire passer dessus dans le trafic, écraser sur un bumper par une camry ou juste crasher en mobilette. 

jeudi 3 avril 2014

Cambodge, vers le sud.

 Après avoir pas vu l'Oum, Penoum... retour en transit pour 3 nuits. En mode expat plus que touriste. Rien à visiter. Laissé mon passeport à l'ambassade du Viêt Nam à 11h30, payé 60$, et repris mon passeport le lendemain à 14h. Pour 70$ je l'aurais eu la même journée. Visa d'un mois commençant le 14 mars, lendemain de la fin du visa au Cambodge. Paraît qu'un "overstay" me coûtera 5$/jour. À voir.
Vu deux films en deux soirs au petit cinéma répertoire tenu pour et par des expats, dans lequel on s'affale sur des coussins et sur des banquettes, bière à la main, et/ou popcorn. 
Les Killing Fields le 1er soir. Il est présenté tous les soirs. La salle était pleine de 'eunes en camisole bière à la main. Pas un bruit, pas une toux, pas un battement de cil, pas un craquement de tattoo. Le gars à côté de moi a mangé son popcorn tellement sans bruit qu'il aurait pu manger des mouches volées. (Je vous ai dit que j'avais mangé des mouches épicées volées chez l'épicier? À Kampot. Ah ben non, c'est plus tard Kampot. Je vous le dirai rendu là.) 
Nebraska: adoré. Pour la photo, les personnages, les acteurs, les textes, le scénario. Juste ça.
Mango shakes chez Davy's. 
Chez Friends, bouffe exquise.

Minibus wifi pour Sihanoukville et la plage. Une nuit à Otres Beach. Restos, bars et bungalows cordés. Pas mon bail, sauf que j'ai pensé un moment prendre un cours de kite, tant qu'à t'y être! Sans dire un mot, incognito, comme la toune. D'ailleurs, je vous ai dit que j'avais jasé avec un Vietnamien édenté de 72 ans et sa femme? Aimables proprios de dépanneur. Avec les 7-8 mots de français dont il se souvenait, il a réussi à me demander mon âge, me parler de la vie et me faire comprendre qu'il avait un CD de Slính Di Ởng. C'est la fois où j'ai passé pour 30 ans. On a été quitte, je lui en donnais 58. Je vous l'ai pas dit? Ah ben non, c'est pas à Montréal, c'est à Hué. je vous le dirai rendu là. Ils m'ont aussi donné 3 gommes, en souvenir(!). Je les ai mâchées en marchant, sans m'enfarger nul part, et je les ai collées derrière l'oreille. Les oreilles. Les miennes. Deux à gauche, une à droite, en souvenir. Vous me rappellerez de me faire balancer en revenant.

Donc cours de kite incognito, bien dans ma peau, pour pas commencer à zéro, mais surtout pour surprendre un tannant dans HoMa qui arrête pas de me parler de kite même s'il vente jamais. J'ai laissé faire. Je serai pas bon, c'est tout. De toute façon il vente jamais.

Puis Koh Ta Kiev, la plage, la jungle et l'absynthe.
Puis Kampot, la mobilette, la campagne et le poivre.
Puis l'île au Lapin, les musiciens, tous les palmiers tous les bananiers.
Puis Kep, le train, la grotte et le sel.
Puis le Viêt Nam, le Japon, Montréal... et l'été, ou l'hiver.

À+