vendredi 8 août 2014

Hier et demain: à voir...

Demain: Fabuleuse traînée de la Swift-Tuttle. À regarder en l'air et avant qu'elle nous rentre dedans dans mille ans. D'un sommet sinueux ou d'un coin dégagé d'océan, sur fond de lune en pleine forme. D'une Heady Topper, amertume douce et double dans l'plafond.

Hier: Magnifique Jeunesse, savoureuses tranches de vie qui passe en coups de vieux, brillant exercice de fond et de forme... Boyhood. À donner le goût de revoir Anna. Juste pour voir. Comparer la pomme américaine et l'orange russe. Ou l'inverse. 12 ans.

jeudi 7 août 2014

35 ans plus tard...

BBC
Cambodia's UN-backed tribunal convicts two top Khmer Rouge leaders of crimes against humanity and jails them for life.

Le Monde
Les procès des Khmers rouges en quatre questions


mercredi 14 mai 2014

Et après le 100e jour...

À la maison. Printemps tardif, mais printemps quand même. Celui qu'on ne veut pas manquer, celui des bougeons et des 20 degrés ensoleillés. Celui qui nous rappelle la chance de vivre ici, et pas ailleurs.

Retour sur le retour. Conclusion d'une trotte florido-asiatique de 100 jours et trois lunes, remplis à ras bord. J'en ai déjà pas mal conté, mais si vous avez pas lu, en résumé...

Les haut-le-cœur: les indélébiles et horrifiantes empreintes de l'humain sur ses semblables, passées et actuelles, et sur sa planète. Accablant et désespérant. Et les transports d'Asie du Sud-Est.

Les coups de cœur: le vélo dans la splendeur d'Angkor, les mangos shakes de Miss Davy's et les sourires de ceux qui n'ont rien, la mobilette sur le bord de la Chine, le kayak en solo dans la baie de Lan Ha, une douzaine de jours de Koh Tonsay à Saigon, les traces de Yersin, l'île de Yakushima, Kyoto, le civisme japonais, et d'autres que je vous raconterai si vous payez la cream ale.

Au risque de me répéter, si ces 60 arpents de blog divaguants et vagabonds vous ont plu et vous ont accroché un sourire aux oreilles ou vous ont intéressés ne serait-ce qu'une fois, j'en suis bien content. Le voyage prolongé en solo donne du temps. J'en ai profité autant que j'ai pu pour le passer à tenter de fabriquer des images avec des mots et des mots avec des images. L'intention première reste de combattre l'oubli, mais de vous savoir à l'écoute et à l'affût, pas si loin, m'a permis de faire un grand bout de chemin accompagné par vos pensées. Ce fut aussi plaisant qu'apprécié.

Et maintenant? De retour aux aventures dans la cour, à commencer doucement, une douzaine de pas par jour, comme chanterait l'autre, en gardant l'œil ouvert, celui d'un voyageur, ou mieux, d'un photographe, attentif, aux coins et aux racoins, sens dessus dessous, réanimés, mais en essayant de ne pas embrayer trop vite dans la routine. C'est le plus dur... et malheureusement, c'est déjà reparti, ça spinne. Vous l'avez vue, vous, ce soir, la pleine lune? Après le match...? ok, c'est bon, ça compte pareil.
  
p.s. La pâte à dents: saveur de gomme baloune. Trois bonnes réponses, mais deux plus précises selon l'indice: Bubble Yum et Hubba Bubba... et c'est la Hubba Bubba qui avait des oeufs d'araignée. Le tube est rendu dans le Plateau adjacent et y a sans doute un p'tit bonhomme qui fait des balounes en se brossant les dents. Et les deux chiens et la niche... renippons, évidemment.





De Bangkok à Hanoi...

En tout p'tit, mais je pense que tout y est. Voilà pour l'Asie du sud-est, à s'user les souliers du Golfe de Thaïlande à celui du Tonkin, en passant par le bon vieux Tonlé Sap, entre autres.


mercredi 7 mai 2014

dimanche 4 mai 2014

vendredi 25 avril 2014

Yakushima - 1ère partie

L'américain jasait géographie japonaise avec le réceptionniste. J'attendais pour payer, cerveau engourdi, un lendemain matin de dortoir pas trop ronflant, mais un peu quand même. 
"Where's that?", que je lui demande en chinois.
"South. Yakushima Island. Amazing place. You HAVE TO go there. You've seen Princess Mononoke, right?", et il attend une affirmation du genre "Bien sûr mon ami, gé-ni-al ce grand classique qui confirma définitivement en '97 la stature de Hayao Miyazaki comme un maître de l'animation mondiale et attira sur lui l'attention des critiques dans le reste du monde... Dommage qu'il vienne de prendre sa retraite. T'as vu son dernier, Le vent se lève?" mais reçoit plutôt un "euh, humm, yeah, sure" pas très assumé, pendant que je me dis "Mononoki donc?" et me résonne faiblement par l'hippo... (oups... hippo... hippoquoi déjà?) la cloche de la mémoire à long terme, lointaine, souvenir vague de dessin animé pas vu, sans trop savoir si je me mêle pas avec Pocahontas et les sept daims ou Shylvidre, la p'tite sirène bleue qui jouait de l'ocarina.
"Well, the forest where she lives, you know, The Amazing Forest...!! Well, it exists Man... you know... it's fucking real!!! 6000-foot peaks and 3000-year-old cedars Man, imagine! Even fucking Frodo or the intergalactic Ewoks wouldn't believe it. And I'm going right there, right now. Bye!"
Pendant trois secondes je me suis demandé si je les avais pas déjà vus en show, Fucking Frodo and the Intergalactic Ewoks, puis le réceptionniste m'a dit en japoglais qu'il ne prenait pas les cartes de crédit, j'ai réalisé que j'étais au Japon et j'ai payé en vingt yens.
J'ai jamais revu l'Américain. 

Dans le train un peu plus tard je me disais à moi-même, en parfait franglais, qu'un rabat-joie cinglant un peu plus cultivé et de répartition preste lui aurait sans hésiter rétorqué: "Well, you know Noé, the movie? With Russell Crowe and Emma Watson Man. You know, right? Le gars avec une barbe, des chèvres pis des girafes Man? On the top of the mountain Dude. 6000-foot peak. Et son gros bateau en cèdre Buddy. You know, right? And le déluge mon Champion? 3000 years ago. Well... it's real Capitaine! Yakushima. He logged the whole forest for the damn' boat. Now, only a few trees left, 7-8 monkeys, 3 deers, still raining, and I'm not fucking going there pour m'y noyer. No way!" 
(Ça manquait sérieusement de jeux de mots bilingues dans ce blog... gâtons-nous)

Quatre jours plus tard... 
Il pleut. Dru. Faut faire vite. Trouver à loger, planifier une rando, prier en shintô pour que personne ne ferme l'improbable fenêtre d'opportunité de deux jours ensoleillés prévue à la météoimmediat. Il pleut 35 jours par mois à ce qu'on raconte dans les chaudières. Dix mètres d'eau à grands coups de siaux. Y a des pancartes de traverse de poissons sur le bord de la route et certains habitants dissimulent d'élégantes branchies sous leur masque. 
Vancouver c'est le désert d'Atacama.
Quatre heures de bateau de Kagoshima. Au loin, vrombissantes sur une crête tel un hydrofoil de croisière, "C'EST DES ZÉOLIENNES". Le débarquement se fait à midi trente. Il pleut, évidemment. L'auberge de jeunesse de Miyanoura est pleine à ras bord, mais il y a de la place à l'autre, à ¥3650 dans le tatami et à 1,5h de bus, départ à 15h23. Ça laisse du temps. Pour se détremper à pieds. Retour au port pour de l'info sur les randos et la passe de bus de 3 jours (¥3000), au magasin de plein-air pour louer un sac de couchage (¥1000) et le casier pour faire de la place dans le sac à dos (¥300), course au ATM à l'autre bout du village, retour en sprint à l'épicerie à côté du magasin. Six oeufs, 4 bananes, 300g de peanuts, 450g de granolas, 2 boîtes de sardines, 3 palettes de chocolat (¥1700). En masse pour 2 jours. À la ligne d'arrivée à 15h16. Arrêt de bus, top chrono. La foule est en liesse. Jack Bauer peut aller se rhabiller, de préférence avec son ciré jaune et ses plats ou ses bottes à l'eau. Parce qu'i' mouille, je vous l'ai pas déjà déjà dit?

Hostile la jungle - Flashback post-traumatique des zazies du sud-est

On l'a senti au Cambodge, avec le bonhomme pendu. 

On l'a vu aux vues. 
Les classiques.
Les Killing Fields, tourné en Thaïlande,
Deer Hunter,  Katchanburi près de la Birmanie et sur la rivière Kwai (comme le pont), pour la jungle et la roulette russe.
Platoon, Philippines
Apocalypse Now, Philippines aussi
Full Metal Jacket, Angleterre (!)
Good Morning Vietnam, Bangkok

On l'a lu. Avec Horn, Bétancourt, et plein d'autres. Autres jungles, autres combats. Mêmes hostilités. 

On l'a revu. À la visite des tunnels de Cu Chin. Le seul tour organisé que je n'ai pas pu éviter. Et pour 4$ j'en ai eu pour $40. Chanceux. Très.
Guide intense comme un Beatcello. Hyper intéressant. Jacky. Seul guide qui a "fait le Vietnam" parmi 35000 guides vietnamiens. Comme interprète pour les américains. Il s'en souvient et il en parle abondamment. Avec humour noir et caustique comme une gorgée de tang à l'agent orange. De Charlie, des NVA, des VC, des POW, des MIA et des KIA. Et qu'il conduira jamais une kia. Des bombes et des trous de bombes. Plus de bombes larguées que pendant la 2e guerre mondiale. Du moine qui s'est auto-combustionné, aidé par son chum par un beau matin, coin St-Denis et Crémazie, genre. De la petite fille brûlée au napalm dont la photo a contribué à mettre fin à la guerre après avoir fait le tour du monde (http://en.m.wikipedia.org/wiki/Phan_Thi_Kim_Phuc).  Des tunnels, surtout qu'il serait le seul guide qui peut faire entrer son groupe dans une courte section plus "authentique" des tunnels, section non éclairée et non élargie de 15% pour accommoder le rond touriste. Des différentes versions de booby traps (littéralement "pièges à cons"), avec démonstrateurs à l'appui, pointes en bambou au fond, noircies parce qu'injectées d'huile à moteur et de goudron contre les termites, pièges à cons doubles, le 1er trou blessant seulement la victime trappée pour qu'elle puisse appeler à l'aide et que le secouriste tombe dans l'autre piège à côté, pièges en tout genre et explications longues et détaillées à donner la nausée. 

Vu aussi au musée de la guerre à Saigon, juste après le tour de tunnels. Guerre d'Indochine, guerre du Viêt Nam. La section photos sur les reporters-photographes est fascinante. Les Capa, Burrows, Harpin-Pont, Bailly, Caron, Shimamoto, Sawada, Ballendorf, Mettler.

Hosti(l)e la jungle.
Survécu. Rando légère de trois heures dans la région aux grosses caves, les plus grosses de l'univers. Phong-Nha-Ke-Bang Bing Bedang (j'avais bien dit que j'en reparlerais.) http://phongnhakebang.vn/en La plus grosse, découverte récemment en plus(?!), pourrait contenir Manhattan, les gratte-ciels pis tout', c'est pas rien ça. 
Shorts et t-shirt, en vrai tourissss. On sort à peine de la cave du Paradis, on décide de longer une rivière sur de la belle roche pour s'extirper enfin de la masse, puis on s'incursionne un peu dans le bois. Ça se voulait une formalité, une expédition du dimanche. À peu près comme les Américains qui débarquent au Viêt Nam, en Afghanistan ou en Iraq. Il y avait pourtant un sentier... au début. Ça s'est gâté en perdition dans la junglerie par l'embuscade d'une horde de plantes carnivores sauvages, enragées et déracinées mordant la chair, lacérant la peau. Ç'a fini quand le touriste, beau ton, savamment dépecé, jambes rasées, avant-bras bien écorchés, brûlant d'un intense désir de soulagement, et qui n'a pas l'moyen de faire autrement, se décide à se g(ca)lisser à l'eau pour un 400m style-libre en rivière avec un aller-retour en kayak pour retourner chercher son sac laissé sur l'autre rive. Il s'en est tiré avec un gros lot d'égratignures, une nuit blanche à psalmaudire en mordant dans un 2 par 4, souhaitant un miracle et l'épidurale dans chaque jambe, l'impression d'avoir "fait le Vietnam", et finalement, une visite à l'hôpital pour tester le système de santé local dès l'aube. Consultation à 7$, incluant les pilules. Deux sortes d'antibiotiques et de l'assiette à minou faible pour assommer un gnou. Six pilules le matin six le soir. Et une tite-crème à la pharmacie de Dông Hoi plus tard. Une semaine après, fini les pilules et tout était bon, même la bière asiatique. 
Moins la jungle. 
Leçon apprise.
Trois heures... imaginez dix-huit ans.

Interlune musical

Légère adaptation d'une vieille liste qui plait, à jouer en regardant où on met les pieds, pour zigzaguer entre les azalées, les fumerolles, val de riz, caldera, à travers les brumes, cratères lunaires et sphères stratovolcaniques. Après le karstique, le pyroclastique, cette fois sans plastique.
Plateau d'Ebino, parc de géopoésie  éruptive de Kirishima, pour s'alléger des humains et de leurs sites au passé trop pesant. À la mode le geoparking asiatique semble-t-il...

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Lilies of the Valley  (Pina)
Things Behind The Sun (Way to Blue)
Le tombeau de Nick Drake (Variations fantômes)
Momento de graça (Nocturno)
One Day After Another (Places)
One (Solitary Man)
I Wonder (Searching for Sugar Man)
Go Fly a Kite (Almost Adopted Songs)
Dans un motel à St-John (Camion)
Le vent nous portera (1983)
In Transit (Solace)
Les trois petits nains (Mystic Rumba)
L'orage (Le pornographe)
Intuition #1 (Astronomie)
Farmers in Japan (Harbours)
Je voudrais pas crever (Fragile)
You Only Live Twice (You Only Live Twice)

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jeudi 17 avril 2014

Renippons

C'est reparti. À 265 à l'heure. Dans le Shinkansen (TGV japonais) pour Hiroshima.
Arrivé comme prévu à Tokyo juste avant l'éclipse de lune partielle, le lendemain du show de guns à eau à Bangkok.
Retour à l'ordre et la civilisation. Après le chaos et la pollution.
Surtout en villes d'Asie du Sud-Est avec les "motorbike-motorbike?", "cheap cheap!" et autres "tuktuk-tuktuk?" à tue-tête. À comparer, Tokyo est silencieuse comme un chant de patates pilées en hiver. Sérieux.
Reçu comme un shōgun, mais pas à l'eau, par Christine et son copain, pas loin de Shinjuku, gare la plus achalandée de la galaxie, mais à des années-lumières du capharnaüm d'un soir de St-Valentin à Phnom Penh. 
Tokyo, deux nuits pour l'instant, pour mieux y revenir fin avril.
Au resto du coin, dégusté en sashimis du chinchard et un autre poisson pas cuit, du buli, qui se faisaient leur frais avec raison et qui se fondirent langoureusement à la langue sans happer nulle part, entre un plat de baleine à fanons, si c'est pas celle à Minke (pour moins d'information sur la baleine de Minke, ne contactez pas le service canadien de la faune à Ottawa mais allez plutôt voir dans ce même blog, l'insolation du 2 août 2011. Grâce au miracle de la globalisation récente des internets, je peux au moins vous dire que Minke, ce serait le nom d'artiste d'un chasseur de baleine daltonien norvégien qui s'appelait en fait Meincke et non Fanon et qui aurait pris une baleine de Minke pour une baleine bleue, ou l'inverse. Et que c'est dans le même genre de taxon que le petit rorqual. Enfin, c'est toute une histoire qui ne mérite pas vraiment qu'on en parle puisque c'est pas demain que vous allez en manger de la baleine, et moi non plus. Demain c'est vendredi. Surtout que le Japon, qui avait un permis spécial pour en chasser 850 par année pour des raisons scientifiques, ce qui permettait aux scientifiques d'aller en manger au resto du coin, vient de se faire dire en mars dernier par une cour internationale appelée par l'Australie que c'est pas mal de la baleineshit leurs raisons scientifiques. Ce à quoi le Japon répond que de toute façon le moratoire sur la chasse à la baleine aussi c'est de la baleineshit d'Australiantropomorphiste qui veut imposer ses normes culturelles au reste de la planète, l'équivalent des hindous qui voudraient faire un moratoire mondial sur la chasse à la vache. Intéressant débat. Surtout que c'est pas mauvais pourtant la baleine. Ça goûte toujours pas la baleine et encore moins le fanon.) et un plat de concombre à la mer (qui, pour être cohérent, goûte surtout pas le concombre, mais beaucoup la mer). Bu plus de saké en deux jours qu'en deux ans, ou douze. Du saké qui goûte le saké. Et du meilleur que jamais. Froid comme il se doit. Très bien dormi merci. Même qu'après avoir "fait le Vietnam" et surtout le thon frais dans la jungle à Phong Nha-Ke Bang (je vous raconterai une autre fois), il me reste assez d'amine aux sphaignes dans le sang pour avoir mal à rien jusqu'en 2017.

Japan Rail Pass pour 14 jours, direction sud. Au programme, de l'incontournable troublant au royaume de la bêtise humaine (vous allez dire que je fais exprès pour trouver le trouble dans ce voyage. J'irai ni à Auschwitz ni au Rwanda, promis) avec Hiroshima et Nagasaki, mais surtout de belles villes et de la belle campagne, bords de mer et montagnes. Propre propre propre.

Hiroshima. Terminus. 800km dans le temps de l'écrire. Tellement rapide que j'ai pas vu le mont Fuji passer. 
Vitesse maximum: 298 km/h. Ça change de la mobilette.

Hiroshima: mémoriaux pour la paix, le parc, le musée, les statues, le dôme de la bombe A, l'horloge qui sonne à 8h15 tous les matins. Le musée montre efficacement l'horreur de la patente. Entre autres la maquette de la région après l'explosion (http://www.guidejapon.fr/ville-hiroshima/musee-de-la-paix-de-hiroshima), avec les 4-5 bâtiments en béton armé qui tiennent encore, tout le reste rasé, sauf les maisons "cachées" derrière les collines environnantes. Au-dessus de la maquette, une grosse boule rouge représentant le flash de feu de 600m de diamètre au moment de l'explosion. Tout ça causé par une petite bombe de 3m de long, 71cm de diamètre, 4400 kg, dont 64kg d'uranium 235, équivalent à 13-16 kilotonnes de TNT. À l'échelle de la maquette, la bombe ferait 3 millimètres. Little Boy, 6 août 1945, 8h15.
Trois jours plus tard, Fat Man sur Nagasaki était plus puissante (23-26 kT TNT, plutonium 239), mais a fait moins de dégâts à cause du relief.

Hiroshima hier soir: soirée dans un fort sympathique mini café-bar, à manger, boire et écrire pendant la pratique d'un sextuor féminin shamisen-voix, chemises en soie. Dehors, le printemps est tout' là mais la plupart des cerisiers ont perdu leurs fleurs maintenant. La température vient aussi de perdre 4° du beau 20°C bleu de la journée.

Miyajima aujourd'hui: magnifique rando à la hauteur de 540m sur l'île touristique, superbe forêt, belle vue en haut, malgré le sentier tout suraménagé en beau béton de ciment pour touristes à roulettes.

Ce soir... mon 1er dortoir de backpackers en 58 ans. 
Bonne nuit.

mardi 15 avril 2014

Les Russes

Ils étaient trois
En voyage.
De la capitale, l'ami-gérant gratteux de guitare pour accompagner, jovial et social.
De l'extrême-orient, musicien, unilingue timide et souriant, et sa brune, chanteuse, jolie en voix et belle à conquérir le Kamchatka.
Soirée douce, début mars, jour de fêtes. Koh Tonsay (île au Lapin... sans lapin. À cause de la forme de l'île, paraît-il).
À quatre pieds sur le bord de l'eau. 
À 4 km sur le bord de Kep. Rien d'autre qu'une plage, des palmiers, des bungalows. Encore vivable et peu développée. 
Yukulele, guitares, voix, compos, Beatles, trad russe, et, demande très spéciale, Vyssotski.
Ô Raspoutine, ô Marylin,
Ton naturel, esprits informels,
Comblé comme la lune.

Ils étaient trois cent mille
En vacances. 
Crémés comme en Crimée.
Les affiches en sont bilingues.
Les plages et les rues en sont bedonnantes. 
Les hôtels et les speedos en sont débordants. 
Trois vols directs par semaine sur Moscou, de Saigon, d'Hanoi et d'ici, Nha Trang.
Yersin croirait pas à ça.

dimanche 13 avril 2014

Transit à Bangkok... Songkran

Débarqué à midi comme un martien dans la soupe aux choux... puis passé le reste de la journée trempé. Le plus étrange des transits... 

Ils en ont encore pour 3 jours ici.

Mer d'huile et de vidanges

Pour se faire ça karstique, à fond dans le piton, cocher le Vietnam en beauté, même en flottant dans le plastique.
Avoir su qu'on pouvait sortir l'agrément du touriste battu, j'en aurais pris plus, plus longtemps, du petit cabotage à la pagaie, baie des Lan Ha, élans d'apesanteur, mer de tranquillité, bien à l'écart du tapage incessant, fatigant à l'Halong. 
Pris beaucoup plus, malgré l'huile et les vidanges, le fret et le caltar.








samedi 12 avril 2014

Jusqu'à la fin...

Ils sont vraiment incroyables. Même le "voucher" pour entrer dans le salon business est négociable. La fille a commencé avec le 20$ officiel. Devant mon manque d'intérêt et comme y avait personne autour pour l'entendre, salon complètement vide, elle est descendue à 15$. Tant qu'à faire je l'ai négociée à 10$, ayant juste une demi-heure pour en profiter avant l'embarquement... mais y avait pas d'espresso finalement. Elle a essayé de me séduire avec la bouffe, le wifi, la bière, le vin rouge sur blanc... trop tôt pour se saouler en un rien de temps. Un dimanche matin en plus. J'ai laissé faire.

Vivement le Japon.

p.s. L'allongé et le muffin au resto à côté m'ont coûté 7,50$. Non négociable. J'ai essayé.

vendredi 11 avril 2014

De Viêt Nam et d'éolien

"You know, you're very beautiful. You're also very quiet. And I'm not used to girls being that quiet unless they're medicated. Normally I go out with girls who talk so much you could hook them up to a wind turbine and they could power a small New Hampshire town." — Adrian Cronauer (Robin Williams)

lundi 7 avril 2014

"Les vraies affaires" ?!

Pendant que les libéraux rentrent majoritaires avec un slogan de moron...

Parcours en mobilette près de Lachine, à rouler dans un décor tellement ahurissant que ça en est ridicule, parmi les plus beaux paysages que j'ai vus, tout ça dans un des derniers pays communiste à parti unique, ce matin il pleut et il y a pas d'eau chaude. Non, on peut pas tout avoir...
mais bon, ça empêche pas d'essayer.




Et si, pour vous changer le mal de place, l'envie vous prend de lire sur les dernières élections vietnamiennes, j'ai trouvé ça en googlant rapidement, tout en attendant de voir si la purée de pois chiches va se lever pour mieux repartir dans l'impressionnant décor. 




dimanche 6 avril 2014

samedi 5 avril 2014

Les đồngs

À l'entrée d'un sentier, 
la garde-parc me fit des frites, 
sans rien demander, fortuite.
Dans un train, une dame,
sans crier gare m'a donné 
trois bananes à déjeuner.
En chemin, des enfants 
m'ont souri en disant: 
"Hello Izitmi!" gratuitement.
Au dépanneur, un vieil homme 
de peu de dents en peu de temps 
m'a remis trois gommes 
à mâcher en me souvenant.
Sur le trottoir, une couturière 
pour un fil à retordre, une poche décousue
m'a chargé 10000 đốngs hier
au lieu des 15000 entendus.

*******
La monnaie du Viêt Nam se dénomme donc le đồng. Avec une barre sur le "d" et deux accents sur le "o". Le scandinavien, c'est rien. On y reviendra peut-être. 
Đong, à ne pas confondre avec dong l'hiver, dong la minorité ethnique chinoise, dong le fleuve, dong le lac, Dong Dong le gymnaste-trampoliniste, Paul Dong le saint, Dong le Meunier, dong le hot-dog et encore quelques bonnes douzaines d'homono-paronymes.

Comme avec les louisriels du Cambodge, c'est une monnaie sans monnaie. Pas de p'tit change dans le sofa ni dans les poches pour jouer avec. Pas de pile ou face. Juste du roche ciseau papier. C'est sonnant, le đồng, mais pas très trébuchant. C'est plutôt dans le papier qu'on s'enfarge. 
À cause de l'inflation galopante du début des années '80. Les pièces de monnaie ont disparu au grand galop.  Les pièces de musique, elles, sont restées. Trop. Encore subi "Hello Izitmi" hier au resto à Hanoing. Ce qui est quand même infiniment plus supportable que les shows vietnamiens trébuchant et sonnant "années '80" qu'ils nous font endurer dans les bus, avec le gros sax à l'air et les chanteurs-euses à paillets-ettes. Mais on s'enlise... (facile, mais trop tentant, et gratuit.).

Donc, pas de cenne, et toujours par milliers les đồngs. Par millions même. Parce que pas comme au Cambodge, on retire pas du iouesse au guichet. On se fait donner des đồngs. Et donner, c'est vite dit. J'ai retiré le maximum au guichet ce matin, 2 millions. Soit, en principe, 104 piasses. Mais avec les frais de sévices de $1,56 de la banque locale, ceux de la conversion de devise et ceux de ma banque, on sait plus trop ce qui reste. Ça coûte cher l'argent, đồng pas đồng, même quand c'est le vôtre. Deux millions en coupures de 100. Ça fait mal. Je traine une poche de hockey, une brouette, un châr pis une barge pleines de đôngs de 100 depuis 3 semaines. Moi qui voyageait léger au Cambodge, avec trois-quatre 20 iouesses dans mes poches pour la semaine.

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La devise du Viêt Nam est le đồng.
Đồng dû.
Đồng qui cogne.
Đồng qui choque.
Donne-moi en đồng le double.

À l'entrée d'un sentier, 
la garde-parc me fit des frites, 
sans rien demander, fort cuites.
Dans une gare, une dame,
sans faire de train m'a donné 
trois paparmanes à déguster.
En chemin, des enfants 
en riant m'ont chanté fort: 
"Izitmi iourloukinhfor!" gratuitement.
Au dépanneur, un vieil homme 
si peu dedans si peu pourtant
m'a remis trois pommes 
à croquer en marchant.
Sur le trottoir, une couturière 
pour son fils à détordre, pour un proche décousu
m'a chargé 10000 đống, fière
au lieu des 15000 entendus.

Et tous les autres m'ont fourré, sans merci sans remercier.
Et ça reste, même fourré,
đồng pas cher voyager.

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Voilà pour les rimettes chez les Viêts, avant 3 jours de mobilette,
envoyées de Ha Gian les binnes, 
à un crachat de Lachine,
et en allant,
... à Đồng Van.

vendredi 4 avril 2014

Concours

Celui ou celle qui devine à quelle saveur est la pâte à dents, je lui ramène le tube.
On prend le 3e appel, il y en a déjà deux qui le savent.

Indice: légende urbaine des années '80 concernant des œufs d'araignée.
J'aurais d'ailleurs dû faire le lien avant d'acheter, tout allait si bien jusque là.

RIP in Cambodia

J'étais pas sûr de raconter ça ici. Avec le recul, ça devient presque anecdotique. J'avais commencé quelque chose sans trop de détail, puis finalement décidé de tout mettre, pour les quelques éléments surréalistes de l'affaire, pour la mémoire, et, malgré tout, en préface, pour l'occasion unique de lever le voile sur un moment émouvant de ma tendre enfance... Mon psy sera content de lire ça et on se débarrasse des curieux dès les premiers paragraphes.

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Sûrement plus chanceux que la moyenne, le seul cadavre non embaumé que j'ai vu de près avec émotions s'appelait Biscuit. Juste après les olympiques. J'ai failli l'appeler Nadia mais c'était un petit gars poilu, pas roumain ni soviétique, plutôt doré (vous lirez sur le sujet), pas bon du tout en gymnastique, plutôt champion de spinning avant que ce soit à la mode, nocturne surtout, et il était pas beaucoup plus gros qu'un fudgee-o, avant les double-crème. Trouvé mort un beau matin, quatre pattes en l'air, sec comme un balai, ou comme une table de pool à Uis, Namibie. L'enquête a été menée assez rondement. Pas d'autopsie. Conclusion évidente de l'infirmière légiste en chef présente dans la salle, en voyant l'abreuvoir compte-gouttes vide: "Déficit d'eau menant à la mort par déshydratation". Malgré la longueur du mot, j'ai immédiatement plaidé coupable d'hamstéricide involontaire et je m'en suis tiré avec une sentence de 111 ans d'allergies diverses, avec libération conditionnelle partielle au tiers de la peine. Sans appel. Pour ceux qui me connaissent, qui savent compter et qui sont pas complètement nuls en olympiques, ça vous explique au moins une chose récente à mon sujet. Pour les autres, je sais pas ce que vous avez tapé ou cliqué pour être ici, mais vous perdez clairement votre temps sur la mauvaise page web.

J'ai appris au moins 4-5 trucs ce jour-là: 1- qu'un hamster en pleine croissance est composé à 72% d'eau et que le 28% restant est nettement insuffisant pour passer quelques jours sans; 2- que l'eau s'évapore et qu'un hamster fuit; 3- qu'un jour je saurai ce que signifie le mot procrastination, mais qu'en attendant, vaut mieux pas trop attendre à demain; 4- qu'un cadavre de hamster sec, ça sent pas grand chose.

Je vous raconte ça pour faire mon comique évidemment, et pour vous accrocher un sourire avant la suite tragique qui a rien, ou très très peu, à voir finalement.

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Le seul cadavre non embaumé que j'ai eu la chance de ne pas voir, c'était il y a presqu'un mois. 

Île de Koh Ta Kiev, Cambodge. 
En ordre, sur la plage, il y a les bungalows de Ten103, de Koh Ta Kiev et de Crusoe Island. Entre 10 et 20 minutes de marche entre les 3. Et à Ten103, une distillerie d'absynthe (photos sur flickr, voir le lien Florida+ à droite). Pas encore de route praticable, ni d'auto, de tuktuk ou de mobilettes. Mais ça va venir, et vite. Un début de route, d'autoroute de 30m de large en fait, est en construction depuis un bon bout déjà. Les Chinois arrivent. Des casinos, des terrains de golf et même un pont jusqu'à la terre ferme. On rase tout. Les bungalows devront bouger ailleurs. Mais pour l'instant, que la plage, la jungle, quelques sentiers et les cicatrices du déboisement annonçant le futur Vegas. Dur à croire que on voit l'allure paradisiaque actuelle. 
Je suis venu suite à une suggestion de Simon (nom fictif... il s'appelle Gérard en fait), le Québécois sympathique rencontré dans le bus à Ban Lung, celui qui n'habite pas en face de chez moi. Il est sur l'île depuis 2 ou 3 jours quand j'arrive au Ten103. Mon 1er ghetto de backpackers du voyage. Je me gâte avec le bungalow dans les arbres deluxe perché su'l bord de l'eau, 25$. Soirée à jaser, manger et boire sur la terrasse et au bar, avec du bon monde, principalement un couple de Hollandais, une Portugaise, un Israélien, une Anglaise et un Québécois, et le staff de voyageurs américains qui collent là pour travailler logés, nourris, gelés. C'est le salaire. Le lendemain après-midi, on se retrouve les gars de la même gang à jouer au frisbee pendant une heure ou deux dans le pas-creux, à 100 pieds au large. L'eau est chaude comme le soleil, qui est jaune comme le frisbee à Simon. Environ 15h, je me retire prendre une douche, lire et micronapper un brin. Plus en vacances que ça...
Simon et Jasper le Hollandais sont encore sur la plage, se mettent à ramasser du bois pour le feu de grève de la soirée, rentrent dans le bois, se disent que ça sent le crisse, ou le yâbe, et tombent sur le porté-disparu que les Français des Koh Ta Kiev Bungalows cherchent depuis 3 jours. Pendu. Trois jours dans la jungle tropicale. Je vous laisse imaginer la scène ou repenser à une douzaine de films d'horreur, sur l'air de "Holidays in Cambodia". Pendu avec vue sur la plage et l'eau, juste en face d'où tout le monde se baigne tout le temps sans se douter de rien. Moi le 1er, 3 fois plutôt qu'une.
Les gars sont pas restés longtemps, vous pensez bien. Ils sont allés avertir le staff de Ten103. 

Après, ça dégénère en gestion de cadavre assez absurde. Je m'en suis pas vraiment mêlé, alors je raconte un peu tout croche, mais ça ressemble à ça. Les militaires de la base pas loin ont été alertés. Puis la police locale. Le suicidé avait laissé ses affaires aux Koh Ta Kiev où il logeait, passeport et journal intime compris, et on ne l'avait plus revu après le gros party sur la plage. 
Simon a raconté sa découverte à la police, ou l'armée, et a eu accès au journal, ce qui est déjà étrange, mais qui nous renseigne au moins.
Suicide prémédité finalement.
Un marines qui s'est promené aux 4 coins du monde en sous-marin. De quoi faire un blockbuster.
Il notait avec une précision maladive tout ce qu'il faisait depuis des mois (ben non, pas dans un blog de voyage... dans son journal "intime").
Il a écrit une note d'excuse pour ses parents et pour le gérard qui le trouvera pendu. C'est ça de réglé, c'est pas un meurtre. Mais Hollywood pourrait arranger ça assez facilement, d'ailleurs dans la seule mention du drame que j'ai trouvée sur internet, un quidam commente en disant qu'il "paraît" que le pendu avait les mains attachées... les rumeurs partent comme ça. Les scénarios de films aussi.

Pendant les heures suivantes, la police et l'armée s'obstinent sur la plage avec le staff des bungalows à savoir qui doit prendre la responsabilité du cadavre, toujours accroché, occupé à se faire bouffer dans l'arbre, à portée de nez.
"Il restait dans les bungalows, alors ça devrait être le staff."
"Il avait "checké-out" alors ça devrait être la police."
"Il avait laissé ses affaires, alors il avait pas vraiment checké-out.
"Il était sur l'île alors ça devrait être l'armée." Et ainsi de suite. 
N'importe quoi.  

Pendant qu'on soupait, Simon est retourné sur la plage voir comment ça se passait. Il est revenu au bout de 20 minutes me demander le numéro de téléphone de l'ambassade américaine. Ni la police ni l'armée était capable de le trouver. Ça a pris le lonely planet.

Quand le soleil est tombé à l'eau, il restait un ruban de police bloquant l'accès à la jungle sur une quinzaine de mètres, un corps dans un arbre, un garde pas loin sur la plage.

Après le souper, on a décidé de faire le feu malgré tout. Question de se changer les idées. Sans trop rentrer dans la jungle pour le bois. Plus près du Ten103, mais sur la même plage. À 300m mettons. Belle soirée d'été tropical. Ça crépite. Fait noir. Puis 3-4 lumières accostent sur la plage côté cadavre. Et ça bourdonnent dans le secteur pendant quelques heures. 

Sur le bord du feu, on a tous pensé qu'ils venaient chercher le corps de nuit, pour pas créer trop d'émoi. Logique. L'ambassade aurait appelé la police de Phnom Penh qui aurait appelé la police locale de Sihanoukville, qui aurait violemment raccroché en tenant des propos ostentato-blasphématoires, pris des flottes pis des calottes, le kodak, le laptop, l'interprète, deux boîtes de gants en latex, des masques, un très grand sac en plastique avec un zipper, un couteau et embarqué dans un bateau à 10h du soir un samedi. De quoi blasphémer.

Je me souviens plus de l'heure, mais avant minuit. Simon est parti se coucher et des bonhommes de la gang aux frontales passent à côté du feu, nous disent "hello, Immigration Police", serrent la main à tout le monde, même au jeune américain qui jongle pour cacher son joint, et poursuivent leur chemin vers les bungalows. Sans doute parce que la police locale était déjà passée dans l'après-midi, c'est tombé sur le bureau de la police de l'immigration finalement. Elle a dû sacrer pareil, l'Immigration. Pourtant ça paraissait pas vraiment dans les salutations. En revenant des bungalows, ils semblaient pas trop préoccupés quand je leur ai lâché un "Good?". La réponse est venue assez sèche: "Not good!". 

 Quand on est allés se coucher vers 1h du mat'. c'était pas encore terminé. Il y a finalement une vingtaine de policiers qui ont passé la soirée et peut-être la nuit sur la plage. De loin, on savait pas trop ce qui se passait, surtout qu'on voyait seulement les 3-4 frontales pour toute une gang. Jusqu'à ce que quelqu'un vienne chercher Jasper pour qu'il refasse sa déposition. L'explication qu'on a donné sur l'impossibilité de Simon de témoigner a semblé satisfaire tout le monde: "Il est parti se coucher..." Alors Jasper part avec Bobby. On attend un bon moment. Puis Bobby revient au feu en disant que c'est long, que personne s'occupe de lui mais que Jasper n'a pas encore fait sa déposition et qu'il doit rester là-bas. Après un moment, avec la blonde de Jasper qui s'inquiète, on se ramasse tous autour des policiers qui se sont installés encore à la même place sur la plage, à 100 pieds du cadavre. En arrivant, le choc de l'odeur fesse, intense. Le pire, c'est qu'on s'habitue... sauf quand on repense deux secondes d'où ça vient.
Ils reprennent tous les témoignages de tout le monde. Il y a des policiers un peu à l'écart qui jouent avec le kodak, le laptop et les photos qu'ils viennent de prendre. D'autres avec les gants en latex qui bâillent. Et un accroupi qui écrit en khmer ce que lui raconte un traducteur qui traduit à mesure ce que lui raconte le témoin interrogé. Une fois écrite en khmer, la déposition est relue et, aussi simultanément que lentement, traduite à haute voix par le traducteur de la police pour que le témoin sache ce qui a été écrit. Puis signature de la déposition en khmer pas lisible par le témoin avec empreinte poucitale. Ça a duré des heures. Après le témoignage de Jasper, on est allés se coucher en laissant les policiers jouer à la police.

Pas bien dormi dans mon hamac-moustiquaire à 6$, près du sentier, sur le bord de la jungle. Mon bungalow perché n'était pas disponible pour 2 soirs. Quand je me suis réveillé à 6h30 le lendemain, un gars passait dans le sentier en direction de la plage. J'ai suivi, j'allais me baigner de toute façon... pas à l'endroit habituel évidemment. Il est allé remplacer les chandelles à côté du ruban de la police et faire une courte prière. 
Le corps avait pas bougé.
L'odeur de crisse, ou de yâbe, non plus.

Fin de la partie connue de l'histoire. J'ai quitté l'île avec Gérard (oups, Simon) sur le bateau de 9h, comme prévu. Si ça se trouve, le corps est peut-être resté là. En paix? Pas sûr.

Voilà bien des détails pour la seule tragédie du voyage. Quand même absurde que la seule mort dont j'ai eu connaissance est celle d'un marines sous-marinier désespéré, alors que j'aurais pu, ou dû, voir des milliers de personnes se faire passer dessus dans le trafic, écraser sur un bumper par une camry ou juste crasher en mobilette. 

jeudi 3 avril 2014

Cambodge, vers le sud.

 Après avoir pas vu l'Oum, Penoum... retour en transit pour 3 nuits. En mode expat plus que touriste. Rien à visiter. Laissé mon passeport à l'ambassade du Viêt Nam à 11h30, payé 60$, et repris mon passeport le lendemain à 14h. Pour 70$ je l'aurais eu la même journée. Visa d'un mois commençant le 14 mars, lendemain de la fin du visa au Cambodge. Paraît qu'un "overstay" me coûtera 5$/jour. À voir.
Vu deux films en deux soirs au petit cinéma répertoire tenu pour et par des expats, dans lequel on s'affale sur des coussins et sur des banquettes, bière à la main, et/ou popcorn. 
Les Killing Fields le 1er soir. Il est présenté tous les soirs. La salle était pleine de 'eunes en camisole bière à la main. Pas un bruit, pas une toux, pas un battement de cil, pas un craquement de tattoo. Le gars à côté de moi a mangé son popcorn tellement sans bruit qu'il aurait pu manger des mouches volées. (Je vous ai dit que j'avais mangé des mouches épicées volées chez l'épicier? À Kampot. Ah ben non, c'est plus tard Kampot. Je vous le dirai rendu là.) 
Nebraska: adoré. Pour la photo, les personnages, les acteurs, les textes, le scénario. Juste ça.
Mango shakes chez Davy's. 
Chez Friends, bouffe exquise.

Minibus wifi pour Sihanoukville et la plage. Une nuit à Otres Beach. Restos, bars et bungalows cordés. Pas mon bail, sauf que j'ai pensé un moment prendre un cours de kite, tant qu'à t'y être! Sans dire un mot, incognito, comme la toune. D'ailleurs, je vous ai dit que j'avais jasé avec un Vietnamien édenté de 72 ans et sa femme? Aimables proprios de dépanneur. Avec les 7-8 mots de français dont il se souvenait, il a réussi à me demander mon âge, me parler de la vie et me faire comprendre qu'il avait un CD de Slính Di Ởng. C'est la fois où j'ai passé pour 30 ans. On a été quitte, je lui en donnais 58. Je vous l'ai pas dit? Ah ben non, c'est pas à Montréal, c'est à Hué. je vous le dirai rendu là. Ils m'ont aussi donné 3 gommes, en souvenir(!). Je les ai mâchées en marchant, sans m'enfarger nul part, et je les ai collées derrière l'oreille. Les oreilles. Les miennes. Deux à gauche, une à droite, en souvenir. Vous me rappellerez de me faire balancer en revenant.

Donc cours de kite incognito, bien dans ma peau, pour pas commencer à zéro, mais surtout pour surprendre un tannant dans HoMa qui arrête pas de me parler de kite même s'il vente jamais. J'ai laissé faire. Je serai pas bon, c'est tout. De toute façon il vente jamais.

Puis Koh Ta Kiev, la plage, la jungle et l'absynthe.
Puis Kampot, la mobilette, la campagne et le poivre.
Puis l'île au Lapin, les musiciens, tous les palmiers tous les bananiers.
Puis Kep, le train, la grotte et le sel.
Puis le Viêt Nam, le Japon, Montréal... et l'été, ou l'hiver.

À+


lundi 31 mars 2014

En bécik sur les rebords - Kratie, Cambodge

[ndlr: ouf, de justesse, mais réussi à "flashbacker" jusqu'en mars avant qu'avril nous tombe tous dessus. À ce rythme-là, l'hiver va reprendre au Québec et je serai encore en train de bloguer sur ma semaine nu à me mijoter le hanami dans un onsen.]

Kratie (se prononce "kratché"), une fin de semaine à, du 1er au 3 mars.
Rebords de Mékong, roulés et déroulés chaleureusement. Vélo de rase campagne, frais rasé, soute de "mamil" serein, brosse à dents, t-shirt et paire de bobinettes de rechange, gépéesse, c'est parti!  40km aujourd'hui, rive droite en remontant, 40km demain, rive gauche en descendant. Pas de chicane, lignes droites des deux bords. Nuit prévue dans un wat que l'Espagnol de Ban Lung m'a dit accueillant et dépannant, mais pas dans le guide.

Départ vers 8h30. Le vélo est encore un Giant. Les freins avant collants comme du bon riz d'ici, mais pas besoin, pas de côte. [nàmm: prochain voyage après le Groenland et les Aléoutiennes, traîner des pinces et des clés Allen.] 
1er objectif: trouver le traversier à quelques km au sud pour se rendre sur la rive droite, celle à l'ouest. Passé tout droit, mais fini par trouver. 1000 riels pour traverser.
2e objectif: trouver le wat, où 'y a des moines, où on peut loger et où 'y a le retraversier.
Côté ouest, pas mal tout le long, il y a le fleuve, une rangée de maisons avec vue dessus, des palmiers autour, la route assez étroite de sable sec tout venant granuleux sur fond dur, une autre rangée de maisons, d'évaluation municipale moindre, avec vue sur la route, vue sur les voisins d'en face, et vue partiellement voilée sur le fleuve, des palmiers autour. Et d'autres arbres aux noms pas écrits dessus. À part les palmiers et la route pas pavée, c'est comme à Neuville. Sauf qu'ici, on est sur pilotis des deux bords. En fait, la cour et le garage sont en-dessous de la maison. Et des fois, la cour, c'est la piscine. Pratique. Sauf qu'il faut à chaque fois vider le garage pour le monter dans le salon. Moins long que de vider la piscine, et le Mékong.

Donc remonté le fleuve presque comme en pédalo, mollo, mais sans la 12 en arrière, en me faisant crier des beaux "hello" et des beaux "bebye" d'enfants aux 10 secondes, pendant 4 heures. Zéro "hello pen". Même pas de "hello one dô-lar". Que des sourires de mini-cambuds contents de pratiquer l'anglais et de voir un étrange passer en bécik pas de frein avant.
En chemin, un paquet de trucs que j'aurai bien aimé photographier, si c'était pas du malaise du voyeur qui débarque dans la cour du monde sans appeler avant. Blanc en plus. Comme dans les films. Pris des photos mnémoniques à la place. Les épluchettes de blé d'Inde des femmes et enfants accroupis entre la maison et la pile d'épluchures, les génératrices chargeuses de chârs de batteries, le sandwichier ambulant (lui, je l'ai posé, 2 fois plutôt qu'une, tellement content que j'étais de trouver de quoi à manger), les maisons sur pilotis, les enfants au volley, les parents au hamac (c'est dimanche), les moulins à scie, les mariages sur leur 36, les dépanneurs-stations-services, qui vendent de l'essence à mobilette dans des bouteilles de coke en plastique, et du coke... dans des bouteilles de coke en plastique. Après quelques heures, je commence à demander pour le wat. "Wat Damnak, this way?", pointe-je. "Yes yes", me répond-t'on de bon ton. Et je continue. Le gépéesse est plutôt flou sur la position exacte du wat. Il est encore tôt, à peine passé midi, alors je me dis que je pourrais prendre le retraversier tout de suite et laisser faire la nuit su'l ciment à faire la cuiller avec moine même. Toujours est-il qu'après pas mal de va-et-r'viens sur mes pas, je l'ai jamais trouvé le Wat Defoc. Encore moins le retraversier. Peu importe où je pointais ou ce que je disais, tout le monde répondait "yes, yes" avec un beau sourire. Un grand classique de poli tic étrange.
J'ai fini par me planter en face d'où j'allais vraiment le lendemain, une dizaine de km en amont du présumé wat, à me demander si c'est si profond que ça, le Mékong, combien de nœuds dans le courant, combien dans le vent, quel angle prendre pour optimiser la traversée et si le bambou ça peut vraiment servir de tuba. Tout ça considérant le vélo de 15 tonnes, la densité de l'eau brune plus de mille fois supérieure à celle de la poussière dans l'air et les eaux infestées de dauphins de l'Irrawady. Comment? Je vous ai pas dit? C'est une des grosses attractions à Kratie. Les dauphins de l'Irrawady. Ça ressemble à un béluga gris qui serait rentré à pleine face dans un coup de pelle. On vient même de l'Irrawady pour les voir. Comme si des touristes de Virginie (l'État, pas l'émission) venaient checker les chevreuils chez nous et en Estrie. Mais dans le bois sur le bord de la 221, pas dans le fleuve.
Bon, tout ça jusqu'à ce que le 2e samaritain de la journée apparaisse. Et il a pas eu grand chose à faire pour apparaître. Planté devant sa maison, je lui cachais la vue. Bébé dans les bras, sourire dans les lèvres, anglais dans l'approximatif, il me demande où je vais. Je m'exécute tout de go, et j'ai pas fini mon mime de la sardine qui se fraie le Mékong d'ouest en est à la nage en respirant du bambou qu'il me montre sa femme qui est déjà au cellulaire à appeler un bateau-taxi à St-Antoine-de-Tilly. Ce sera 5$ qu'elle lui me dit, bateau privé, 20 fois le prix de ce matin. Je dis oui assez immédiatement, sans même penser qu'il y a pas un bambou à l'horizon et que respire pas dans une feuille de palmier qui veut.

J'ai monté à bord avec le Giant, dit "la poune" au moins 33 fois pour  remercier le samaritain qui s'éloignait, puis tenté de spotter un dauphin sans succès dans mes études.

Une fois du bon rebord, je me suis embrayé en 18e vitesse et j'ai déroulé ça franc su'd'l'asphalte tout le long pour rentrer à la maison, route large, pas d'ombre, garantie d'insolation... et en fredonnant, ben kin... "Phnom le dauphin..."!

dimanche 30 mars 2014

Ratanakiri les clowns, les treks et les minorités visibles mais pas vues.

Ban Lung la rouge empoussiérée, province du Ratanakiri, Cambodge. En amont entre deux affluents du Mékong, les Tonlé San et Tonlé Srepok. Une des portes de sortie pour le Viêt Nam. Endroit pour aller se le trekker dans ou pas loin du parc national Virachey. 

Pas mal de backpackers qui arrivent du Laos. Les treks proposés par les agences aux joyeux noms de clown comme Mr. Smiley's et Mr. Happy varient de un jour à une semaine. Les agences privées ne peuvent pas entrer dans le parc, mais peuvent zigonner à volonté autour. Transporté jusqu'au début du trek, mené en bateau, guidé dans le bois, nourri au feu de camp avec un beau dormi en hamac-bivouac-moustiquaire, présenté à un ou deux villages de minorités Jarai, Tompuon, Brau ou Kreung, ça revient entre 20$ et 45$ par jour par personne. Des groupes de 5-6 personnes maximum, qu'ils disent. Pour faire presque la même chose mais dans le parc et appeler ça de l'écotourisme (c), il faut s'informer au centre d'information du parc à Ban Lung, genre de $ÉPAQ. Les treks y sont évidemment plus chers, mais il y aurait un guide qui parle anglais et un guide local qui parle aux arbres, en plus de la vraie bonne vieille forêt. Toujours pas vraiment moyen de faire de quoi tout seul. Pas facilement en tout cas. J'ai jasé avec ma montre, mon calendrier, mon portefeuille, MM Joyeux et Souriant, quelqu'un du parc et un Espagnol qui cherchait des buddies pour baisser le prix... et j'ai passé mon tour. Marcher organisé dans le bois, ça peut être aussi le fun que très plate. Crainte de faire en trois jours ce qui se fait en une matinée et de me ramasser avec des ti-couples propres et des valises roses à roulettes. Riez pas j'en ai vus. Plus au sud. (1)

J'en ai quand même profité pour me poser quelques nuits dans un hôtel très confo pour le petit prix, plutôt excentré, sur le bord du lac oblong. Seul occidental. Seul client visible même. S'il y avait eu de la place au Treetop guesthouse, chaudement recommandé par le LP avec terrasse surplombant une jolie vallée en bout de cul de sac, j'aurais été avec un paquet de voyageurs de tout acabit. Faut croire que je suis pas dû. Ça me va. Presque pas parlé à personne depuis 3 semaines. Pas pressé. Ça viendra. (2)

Le resto à côté de l'hôtel est tenu par un Cambodgien-Français né à Paris et revenu au pays pour mieux s'y partir. En affaires avec sa femme. Bonne bouffe, ambiance et serveuse sympatoches, que des touristes, mais peu.

En banlieue, à environ 5km de poussière rouge et sèche sur le piéton, il y a le lac rond. Cratère, dit-on. On s'y baigne, on s'y pique-nique, on s'y promène, on s'y tourne en rond. Touristes mais surtout locaux. Bateau de beau lac. 

C'est tout ce que j'ai visité à Ban Lung. Deux nuits. Pour en finir avec février. Bref, mais ça valait le détour, histoire d'y sentir le pouls de l'amont et moins la sardine.

Note:
(1) Finalement j'aurais pu don' dû. Le lendemain j'ai rencontré mes deux premiers québécois dans l'autobus et ils arrivaient de se le trekker avec Smiley, ou un autre. Ils ont bien aimé, ils formaient pas un ti-couple propre, ils avaient pas de valise à roulettes et... l'un deux habite sur le chic plateau, tellement pas loin que c'est à un numéro civique de chez moi... eh oui, le voisin d'en face! Je suis pas le 1er à qui ça arrive en voyage, mais c'est ma 1ère fois. Quand même stupéfiant que 50% des Québécois rencontrés dans le voyage habitent la porte directe en face de chez moi. Et que j'ai passé 5 jours à voyager avec l'autre 50%. Et que si j'étais allé trekker, j'en aurais rencontré 0.
(2) voir note 1.

jeudi 27 mars 2014

D'ici Da Lat, Yersin et les fraises - photos

D'ici Da Lat, Yersin et les fraises

Pour se changer des flashbacks cambodgiens... 

Avant-hier. Da Lat (ou Dalat). Deux nuits. Pour la montagne, la fraîcheur, les fraises et les mûres à mûres. Meilleures salades de fruits du voyage, mangées en tombant de ma chaise sur l'extrait qui suivra, p.172, de Peste&Choléra. Drôlement content d'avoir gardé les derniers chapitres pour le Viêt Nam. Partout où je passe, y a une rue Yersin. Sans lui, pas de Da Lat là. Pas de serres à perte de vue. Pas de glaïeuls pour la fête à matante Huę Ghėt, pas d'arbres à caoutchouc pour les claques à mononc' Trúc Tiển.

Par contre, il serait peut-être déçu de voir à quel point le coin est devenu Kétaine. Avec un grand K. Ça commence par les cygnes-pédalos en location sur le lac artificiel, l'antenne radio en forme de tour Eiffel, la "Valley of love", les tours de jeepsafaris pour grimper les touristes (surtout asiatiques) en haut du sommet où on peut se faire prendre en photo sur un cheval habillé en cowboy (le cheval aussi), ou en soldat sur une jeep de l'armée.  Ça atteint son apogée avec le bipbip de reculons des dits jeepsafaris sur l'air de... la lambada(!), deux chevaux peints... en zèbres (!!) et "Helloizitmiyourelouquingfort" entendu 5 fois en deux jours, en plus de Cécéline et de toute la musak d'ascenseur dont vous pouvez rêver, sans l'ascenseur. Ouf.

On se console au magnifique micro-café "Bicycle UP!", malheureusement découvert une heure avant le départ. J'y aurais passé la journée, juste à lire le menu. Photos sur flickr éventuellement.

Bon 28 mars à tous-tes. La moitié du voyage cochée... Jitvb. 
Très très bien même!

p.s. Parlant fraîcheur. Je vous arracherai pas une larme du pli que vous voulez, mais après 6 semaines dans les 35°C et plus, on tombe sous les 30°C et ça fait du bien. Les locaux ont sorti parkas et canadiennes, chapeaux et tuques de laine... brrrrrr.


mardi 25 mars 2014

Les transports, encore, et les sardines. Sra Em à Ban Lung. Go East...

J'avais acheté le billet la veille, avec mon gentil mobileux. Pour Preah Vihear City (pas la province ni le temple. Un peu comme si au Québec on avait en plus une Basilique Québec. Ou un Colisée Québec.). En disant que j'allais à Stung Treng, la fille au guichet de bord de route m'avait fait un sourire dans le genre qu'on plisse. Un peu l'inverse d'un sourire en tendu. 

Le voyage s'est passé sans histoire à raconter, sur de la belle asphalte neuve, entre 6h30 et 9h30. 6$. En débarquant, dans le temps de dire "Stung Treng", le co-chauffeur me dit: "Stung Treng?", avec un accent plein de rebondissements. J'opine inopinément et me retrouve en mobilette pour faire les 500m jusqu'à la "share taxi" station. Transfert gratuit. Ici, on s'occupe de vous, jusqu'au bout. Ça sent la camry pleine à craquer. Je refais une version améliorée de mon mime de la sardine cambodgienne en disant que je veux pas payer si c'est pour être tassé. On me dit: "yes yes yes only 6 only 2 in front, leaving at 10 o'clock." On est partis à 11h, 2 en avant, 3 en arrière, sous un pare-brise étoilé, ceinture bouclée, très satisfait d'avoir pratiqué la sardine une partie de la nuit.

Jusqu'à Thalat, rive ouest du Mékong, belle route en poussière, puis la traverse avec 40 mobilettes, 2 gros SUV climatisés en marche et beaucoup de monoxyde de carbone. De l'autre bord, Stung Treng. Bing bang boing! Lunch time. 

Et puis, comme ça, tant qu'à y être dans les transports, pourquoi pas pousser ça à Ban Lung, au creux à l'est dans le Ratanakiri. Y a une minivan qui part bientôt, go go go. Avant d'acheter le billet, vous pouvez être certains que j'ai refait la sardine avec toute l'assurance d'un Marcel Marceau... mais l'accent de l'est doit être différent, je sais pas. Chose certaine le gars a rien compris, ou il y a une négation qui n'est pas passée, parce qu'on était tassés exactement comme vous savez quoi. 

En trois heures, bing bang bedang Ban Lung, pas fâché d'arriver... et ça sent la poussière, et, forcément, la sardine. Pas très fraîche.

Siem Reap - Sra Em - Preah Vihear, le temple, pas la ville ni la province

On se perd un gros avion, on se paie des grosses élections et dans le temps de lire la bordée de la St-Pat et le cynisme de Foglia (c'est tout ce que je suis capable de lire du Québec, la météo et, pas tout le temps, Foglia. Et les très appréciés courriels des amis bien sûr. Le reste? Un gros bof. L'intérêt pour ce qu'on peut lire dans nos médiocres diminue plus la distance augmente on dirait. Ou l'écart de température.), et dans le temps de l'écrire, on est parachuté à la montagne au Viêt Nam parce qu'un comique a ouvert la porte du 777 pendant le yoga bikram. C'est vrai qu'il faisait un peu chaud. Le bon côté c'est que je suis pas accroché à une aile d'avion avec un tigre et un zèbre au large des côtes australiennes à ramer avec mon iphone et à pêcher le requin-marteau avec des baguettes en plastique et un sachet de sauce soja.
Alors maintenant que vous êtes bien préambulés, attachez votre tuque, tant qu'à l'avoir encore sur la tête un 26 mars, on repart ça fin février... Il était une fois il y a un mois... déjà.

Siem Reap - Sra Em - Preah Vihear, le temple, pas la ville ni la province, un mercredi 26.
En camry 4x4: 4 en avant 4 en arrière. Après avoir survécu le Cachemire de justesse les yeux fermés à flan de cap de pan de ravin, je m'étais dit "plus jamais, les conneries dans les transports". Ben, je me suis fait reprendre. Mais là c'est la dernière fois. Pour vrai. Bien beau la coopération internationale, il y a vraiment des limites à vouloir niveler son espérance de vie à celle des autochtones juste pour le fun. Comme les femmes que j'ai vu installées entre les bagages sur une plateforme à ras le sol, derrière une minivan. Un "bumper" humain, bravo, belle idée. C'est ce qui est le plus dur à comprendre dans le Pauvre Monde. Les transports. Ça se donne un mal incroyable à essayer de survivre, nourrir ses enfants, se vêtir, aller puiser l'eau et se la trimballer sur la tête, faire à manger, cultiver ci, vendre ça, rester en santé, mais ça se met dans des situations impossibles parce qu'un malin imbécile peut convaincre une désespérée que pour pouvoir voyager pour 10 cennes, elle doit servir de bumper en arrière et que c'est tout-à-fait normal. "Et comptez-vous chanceuse ma p'tite dame, je vous charge rien pour l'enfant." Ça c'est quand on se promène pas dans le trafic en mobilette familiale avec les trois enfants, les boîtes thule, les racks à vélos, tout le stock de camping et le piano à queue.
Nous, dans la camry, on allait partir à "seulement" 3 en avant quand un autre passager est venu s'asseoir à gauche du chauffeur, qui lui s'est retrouvé assez tassé vers la droite, sur le passager à ma gauche. Comme quoi le volant peut être plus à gauche que celui qui chauffe. Ou l'inverse. (Et je vous laisse les analogies tentantes avec notre belle politique québécoise.) On s'est donc fait chauffer ça concerto à une main (l'autre étant sur le téléphone, évidemment) et cinq pieds, en comptant le pied au volant, pendant quatre heures. Vraiment n'importe quoi. Déjà qu'ils s'étaient mis à deux pour fermer la portière de mon côté. J'étais quand même content d'être côté porte, même s'il y a le stress qu'elle ouvre toute seule, et non avec le bras de vitesse entre les deux gosses. Ou sur le capot arrière "strappé" avec les 8 boîtes de fruits et légumes en styrofoam format costco. C'est parce que j'ai payé le gros prix aussi. 13 piasses, incluant le lift en mobilette jusqu'à la billetterie du temple.

En passant à Anlong Veng, on y a laissé les boîtes au marché. C'est sur le chemin pour Sra Em, c'est un village à quelques km de la Thaïlande et c'est le spot où se sont réfugiés le Pol et ses potes pendant 10 ans, avant que le gouvernement reprenne la place en avril '98 et que le Pol trépasse le même jour, habillé en mou, d'une crise cardiaque floue, à un âge fou aussi flou, entre 69 et 73 ans. Il paraît qu'on peut visiter son bol de toilette, mais ça ne nous a pas arrêtés. Le pied au volant était pressé d'arriver, moi aussi. On y a même lâché du lest, 2 passagers, les plus lourds.

En arrivant à Sra Em, le pied m'a transféré à un chauffeur de mobilette fort gentil qui m'a conduit à la billetterie du temple, quelque 30 km plus loin, en m'expliquant ce qu'on voyait en chemin. Pas grand chose, mais pas rien non plus. À la billetterie on m'a fait comprendre que le billet était gratuit, mais que la seule façon de se rendre au temple, perché à 600m, est par la route et avec un autre chauffeur de mobilette spécialement formé pour la tâche. 5$.
Et ça grimpe. À pic. En haut, le resto de la copine de la femme du chauffeur de mobilette et pas mal de soldats jouant au volley ou se regardant l'épiglotte en bâillant. C'est que le site a été source de tension, de combats et de convoitise entre Thaïlande et Cambodge pendant des siècles, et encore jusqu'en 2011, même si l'Unesco a tranché pour le Cambodge en 1998. Pas pour le resto ou le terrain de volley, plus pour le temple je crois. Le plus "dramatiquement situé" des temples d'Angkor, dixit le Lonely Planet. Et c'est pas faux, mais pour résumer la visite, c'était tranquille, pas un seul occidental, joli, sec et chaud, et au bord de la falaise, on devinait une vue imprenable sur la plaine en bas, justement qualifiée d'imprenable parce qu'on voyait presque rien à cause de la poussière sur des kilomètres et du soleil de l'après-midi. Le resto était familiale et sentait bon la convivialité et le vegetable fried rice. Ce sont les soldats du côté gauche qui ont gagné la game de volley. Ou droit, selon le point de vue.

En constatant le setup dans la camry, j'ai pas pris de chance, j'ai parti le gps au cas où on exploserait en vol. 
http://gps.motionx.com/maps/2f8f10658ea0c974df4f412313686835

Au retour, le gentil mobileux du début m'a fait faire le tour des 4 môtels de Sra Em. J'ai fini dans un môtel pas si cheap mais très su'l bord du highway. 13$.

mercredi 19 mars 2014

Coffee with condensed milk...

Toujours pas de nouvelle du pilote, pénurie de peanuts, mais il reste du café. Rumeurs de code rouge bientôt pour le gin&tonic par contre.

mardi 18 mars 2014

Gros programme: Angkor Wat, les rénos, Bouddha, les mines et les TCHiPs, le mardi 25.

(Étrange, j'ai cru apercevoir les côtes de la Floride et Daytona Beach entre deux nuages...)

Angkor Wat
Ah la belle intention d'observer la lueur d'un jour flambant neuf surligner à gros traits de crayon jaune-orange la page d'un Ankgor Wat en plein éveil... 
Bien beau, mais de par l'incapacité récurrente de me lever avant le son des matines, ce qui aurait permis, après quelques coudées pas très franches dans l'opacité dense d'une foule de bridés, de concrétiser dans le béton la dite intention, l'arrivée au temple n'eut lieu qu'une fois le soleil déjà un peu bien élevé... 7h.

Heureuse affaire. I-dé-ale même. La première bordée de voyeurs intemplestifs tombant vers les 4h30, pour fondre subrepticement à 7h. De 8h30-midi, 2e bordée. Puis le touriste se fait épars pour l'heure du repas.
Zen errance dans l'Angkor Wat partiellement laissé tranquille donc, seulement déconcentré par les m'as-tu-vu exhibitionnistes de l'auto-selfish-portrait en tout genre, du pose-moi-ici-pose-moi-là, pose-moi l'moine et la luette, devant gardes, guides et garudas, plantureuses devatas agaces et apsaras d'apparat, devas et devis, portes et fenêtres, tours et détours, devant lac, ciel, expos et alouettes, youppi, mais pose toujours... et je me te le twit-te-rai.

Les rénos
Passé l'Angkor Wat, avant l'Angkor Thom, il y a un buton qui, comme la plupart, a un temple qui pèse dessus. Ici Phnom Bakheng. C'est l'endroit où ils ont mis des cota parce que ça se bousculait trop au portique pour y voir le soleil se coucher sur le Wat à Angkor. Du vrai cirque chinois apparemment, acrobatique et périlleux, 6-7 étages de tourissàkodaks grimpés fesses sur épaules. Magnifiquement pyramidale. Pire qu'au lever puisque la grandiose entrée principale de l'Angkor Wat est orientée à l'ouest, alors forcément, avec le soleil d'en 'face de l'entrée, ça doit faire un joli show son de lumières.
J'y suis monté en marchant par le "sentier des éléphants", puisqu'on n'a pas voulu m'y faire monter autrement. À 10h, pas un chat, pas un éléphant. Bonne heure, le sourire dense. Et les rénovateurs rénovent. Avec casques et pas sans bottes en plus. Ça travaille fort là-haut. Et où il y a des rénos, il y a toujours une pancarte qui nous donne le pays qui s'intéresse assez à la patente pour se les sponsoriser. Japon, Allemagne, USA, France, Suisse. Ça lui permet, au sponsorisateur, de se péter un peu les bretelles en disant: "j'ai refait mon Bakheng". Un peu comme on dit: "j'ai refait mon balcon. Ou ma cuisine". Bien que tout le monde sait que c'est pas nous qui avions les pieds dans des bottes trop grandes à se resculpter des pierres de mille ans par 40°C su' zéro. Mais après les rénos, c'est beau. Et tout le monde il est content.

On a seulement accès à la portion du temple en-dehors de la zone des travaux, bien délimitée avec une clôture et des échafauds, et une bien jolie petite grue dedans.

À grands pas de Bouddha
À l'est du temple, il y a l'empreinte d'un pied de Bouddha. Pas évident si c'est le droit, le gauche ou le trans, genre. Il y a 5 orteils assez moyens. Ni gros ni petit. Il se promenait pas en souliers, encore moins en gougounes de construction comme toute l'Asie non-sponsorisée, ou en bottes de sept lieues(x) comme on sait qui (1). N'empêche qu'il faisait des sacrées enjambées, comme tout ce qu'il faisait en fait (2). C'est pour ça qu'on voit jamais deux empreintes. Un grand pas à la fois, pour pas perdre les deux jambes en même temps, en pesant sur le mauvais buton. "Safety first", quand on se promène en terre minée. 
(On pourrait ici se la digresser assez longuement sur les empreintes de Bouddha, mais juste pour vous, j'ai trouvé quelqu'un qui l'a déjà fait et plutôt bien. Le bout sur le "pic d'Adam est assez comique d'ailleurs: http://www.magiedubouddha.com/p_thai-puta1.php).

Les mines
Il y en a quelques unes dans le pays paraît-il. En tout cas assez pour se faire un musée. Selon le Cambodia Mine Action Center (CMAC), quatre à six millions, en comptant les UXO, "Unexploded Ordnances", même genre de belle affaire qui vous coûte un bras pis une jambe. Ça été la grosse mode pendant 30 ans. Tout le monde voulait poser sa mine. Même que ça se battait pour savoir qui allait en poser le plus. Les Cambodgiens, les Thaïlandais, les Américains, les Vietnamiens. Et beaucoup de monde sautait dessus. À cloche-pied, à haut-le-pied, à pieds joints et de plain-pied, à pied d'œuvre et d'arrache-pied. 40 000 amputés. Excellente raison pour pas pisser trop à côté de la trail.

La bonne nouvelle, c'est le travail du CMAC (3). Entre 1992 et 2011, 466 274 mines et 1 727 649 UXO trouvées et détruites, et de moins en moins de monde qui s'explose une jambe ou la rate: de 850/année au début des années 2000 à 270/année en 2008.

Juste par curiosité, par temps partiel et parce qu'on connait quelques lecteurs et lectrices à temps plein dans le milieu, et surtout dans le fond, qui auraient de quoi à raconter là-dessus pour notre Défense, j'ai cherché rapidement chez nous... pour trouver qu'il y aurait plus de 800 sites d'UXO confirmés au Canada, qu'il y a une liste sur le site des Forces et qu'il y aurait eu 15 décès et 20 blessés depuis 1927. Quand on se compare... des fois on perd son temps et vaut mieux se contenter des pommes et des oranges. 

TCHiPs
Je l'ai manqué, le musée de la bonne mine. Il m'est passé sous le nez, à vive allure, alors que je me concentrais à faire le Poncherello sur une moto de la Tourist Cambodian Highway Police sans me tenir après la bedaine de la dite police. Et comme, par définition, on n'arrête pas une police, surtout celle qui chauffe la moto, j'ai laissé tomber les mines. Je me sentais déjà assez débiné d'avoir accepté la proposition de me faire rouler en échange de quelques dollars pour aller voir le fameux temple pillé par Malraux en mil neuf cent vingt-trois et trois-quarts. J'aurais pas voulu pousser dans l'exagération et détourner le TCHiPs plus longtemps de ses touristiques fonctions.

Notes:
(1) voir "Sur le pouce..." - 5 août 2011... ici très bas sur ce blog.
(2) Ça me rappelle, et c'est pas pour me vanter que je m'en rappelle, mais j'ai déjà vu le Sacré Cheveux de Bouddha. Dans les années 2000. Au musée du Cheveux Sacré à Rangoon. Avec plein de moines chauves.
(3) http://www.cmac.gov.kh

En bonus:
Qui dit mine, dort.
Comme le bovin.
Le bovin m'en dort.

"All right, good night." O&O

dimanche 16 mars 2014

MH370: Kuala Lumpur - Pékin

Très confortable le 777. Excellent service. Le vol est un peu plus long que prévu et j'ai pas tout compris ce qu'ils ont annoncé, mais les peanuts sont excellentes et les drinks sont moitié prix depuis 4 jours. Maintenant qu'on a regardé tous les films 3 fois, ils nous ont enfin donné accès aux internets et aux séances de yoga bikram soir et matin en classe affaire. Bien content, j'en ai pour un bout à faire du blog de rattrapage. En espérant qu'on n'atterrisse pas trop tôt. 
Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu de nouvelle du pilote par contre... et on commence à sentir comme le gros Malaise. 

Je vous reviens, le yoga commence...

"All right, good night."

mercredi 5 mars 2014

Tonlé Sap le dimanche 23, quai no 3.

(Je suis à 17 jeux de mots de pouvoir postuler au Voir... lâchez-pas)

Il fallait au moins le voir, ce Tonlé Sap de sapré lac de lac. À vélo par un autre dimanche, bleu poussiéreux, chaud, 34°C pas ressenti, 42°C bien senti, au mieux, de dire le météomedium. Lendemain d'Angkor Thom. 
Parti de Siem Reap, franc sud pour aller frayer (au sens non piscicole du terme) les parages. Au quai des touristes, on est loin d'être rendu au lac, à peine dans un doigt de lac. Un toutipeu l'arnaque. 
Pour continuer sur terre, des gardiens vous courent après pour le droit de passage au petit prix. 
Pour continuer sur lac, il faut se payer un tour guidé d'une heure et demi à prix pas très local local. C'est pour aller scèner le village flottant, pour bien lui scruter la scène. Et pendant qu'on se tergiverse à savoir si ça vaut le soleil battant de se taper le beaulac d'aller-retour, des touristes à chapeau débarquent des bus à gros flots pour mieux se faire mener en bateau. Choisi de poursuivre à vélo. Parce que ça rime.
Et que sur l'incroyable carte (1) du gépéesse, on voit qu'il y a encore bien du chemin à frayer pour arriver à bon bord.

On passe la guérite en montrant son coupon, les étaux (2) serrés d'un semblant de marché de poissons qui auraient beaucoup marché, quelques km de route de sable pas raffiné, puis, des cabanons, pas grands, du monde autour, pas riche, et un bout d'eau à traverser, pas long. Me suis fait enchaloupé sur 45 pieds pour traverser la rigole avec un type drôle, et insistant. 1 dôllar ("dollar" dit avec l'accent français, legs de nos cousins).
Suis allé pédaler tout au bout de la langue de terre, parfois argile silteuse bien sèche, dure et raboteuse, pas large, parfois sable mou, pas pédalable, pieds à terre. Sous le regard des bateaux lents qui mettent déjà une bonne demi-heure pour se rendre au lac... mais moins à se brasser la cage dans le rabotage plus dans le cabotage.
Sur le bout de la langue, encore 4-5 cabanons accrochés au rivage, du monde dedans, souriant, avec pas beaucoup de dents. Pied-à-terre.
Et pas très loin, entre les bateaux de scèneux, le village, flottant, à qui mieux mieux.

Revenu jusqu'à Siem Reap, content de la journée, langue à terre.

Notes: 
(1) Non mais vraiment, je le dis souvent, mais je m'ébaubis sans répit... quelle époque formidable! Ne serait-ce que pour les privilégiés qui ont les moyens d'aller scèner des tôt dits de cabanons de bord d'eau. Sur le gépéesse du ifun, il y a vraiment la moindre rue et le non moindre sentier pédesque, dit avec l'accent et l'orthographe de Baie-des-Rochers. Autour d'Angkor, en ville et tout partout, ça permet d'explorer coins et racoins sans jamais se poser la fameuse question: où-que-suis-je-donc-où? Et encore moins de la poser à un Cambogdien khmerquois d'expression cambodgienne unilingue de colonisation française indochinoise pas anglaise.
Et voilà pour le trajet (laissez-vous pas berner par la carte, on dirait pas, mais sur les derniers km, il y a vraiment juste une petite largeur pas submergée)

(2) Vous saviez, vous, que "étal" au pluriel ça peut faire "étaux" mais aussi "étals". C'est du français contemporain, pour pas confondre avec l'homonyme "étau(x)". Un cas rare. On préfère la version qui confond, vous vous en doutiez...