Tout frais tout fait… sorti du sentier avant-hier et c’est comme si c’était aujourd’hui, voire demain.
Quarante et quelques kilomètres de grande beauté, de roche et de cailloux, de pics et de tourbières de bouette, de lacs et de barrages de castors, de bois mort et de forêts survivantes, de fleurs jaunes et blanches, d’oies à deux barres et de canards pas barrés, de bouette de tourbe, de neige de printemps, de pente de blocs et de ski d’éboulis, d’un peu de pluie frette, d’un peu soleil d’aplomb, de deux nuits fraîches et d’une jolie lune matinale, entre autres et l’inverse. Fait notable, avoir passé très très proche de finir dans un trou de bouette assez mou et profond que vous l’auriez jamais su, pas plus que les carabineros à qui il faut s’enregistrer avant de partir. Je l’avais pas indiqué dans le plan détaillé qu’il faut leur écrire. Un moment rare où reposer sa vie à 6h le matin sur un bâton de marche planté dans une tourbière sans fond avec un certain lest sur le dos est moins une bonne idée sans avoir pris son café.
Pour donner une idée cartographique, ça ressemble à ça:
Sauf qu’ils sont assez comiques AllTrails avec leur 15 à 17h. Au moins leur distance et leur dénivelé marchent à peu près. Je sais pas s’il faut être vraiment à la recherche d’un « défi sans précédent » par contre, selon le précédent, mais bon défi tout de même, à ne pas prendre avec trop de légèreté dans l’être.
Avec un orchestre, moins de chance avec la météo, un peu de drame, beaucoup de drone et un kingpin plein de barbe qui jase avec des sous-titres, ça ressemble plus à ça:
Pour les coureux de sentiers, y a d’autres beaux vidéos de la course de crinqués qui a lieu chaque année. En p’tits souliers. Emoji de main dans la face.
Pour ma part, à part le dos un peu barré et la frousse post-traumatique du trou de bouette, ça ressemble aux beaux souvenirs et aux jolies images qui sont ici:
Une autre fabuleuse rando qui aura passé trop vite par crainte de temps exécrable parce que chaque minute où il fait pas mauvais est une minute où il fait meilleur marcher.
Il y eu exactement zéro humain croisé après le premier lac (del Salto) et le thé de 4h avec deux rigolotes Canadiennes en jasant « beavers » et « castores » (elles retournaient en ville avant la nuit par la trail de bouette, on souhaite qu’elles soient sorties du bois depuis), les non moins rigolos Chiliens et les Anglaises du Padrino, assez drôles aussi finalement.
Zéro? Presque, sauf à mi-chemin, où il y a eu Samantha la guide, jubilante que je lui ramène son goretex trouvé dans le sentier la veille avec son carnet de notes de job dedans, accompagnée par sa gang d’une quinzaine de touristes citadins chiliens qui se faisaient joyeusement guidés dans les Dents. On se demande d’ailleurs comment se puisse-t’il qu’il fusse possible qu’ils.elles s’en sortent vivants.es. J’en ai rencontré 4 ce matin au déjeuner à l’hostal et ils se posaient la même question, mais en espagnol. Ils vont bien.
Voilà pour les Dents, et v’lan on est content!
Et pis d’avoir soupçonné le Cap Horn à l’horizon, et l’Antarctique juste derrière, c’est quand même « quel-que-chose », comme on dit ça, on dit rien.
Après le presque perdu dans le parc de la Gaspésie en hiver, les fins de randos à la frontale, ou encore sans frontale à la noirceur, voici maintenant les possibles trous de bouette mouvante. Ouf! Tu vis trop dangereusement!
RépondreEffacerBrigitte :)
Ça fait des belles aventures à raconter, sinon ce serait presque plate ;)
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